Les Bêtes du Sud sauvage, un poème américain

Si le cinéma américain était un poème, il ressemblerait aux Bêtes du Sud sauvage de Benh Zeitlin. Pour son premier long métrage, ce réalisateur trentenaire né à New-York nous plonge dans la vie quotidienne et les rêves de la petite Hushpuppy (remarquable Quvenzhané Wallis), 6 ans, qui vit dans le bayou louisianais avec son père (Dwight Henry). Ici la vie est un bouillon de culture, une utopie que ses habitants ne veulent pas quitter, où les animaux, petits ou grands, et les humains affrontent la même nature. Scènes merveilleuses où Hushpuppy porte à son oreille qui un oiseau qui un crabe pour écouter battre leur cœur…
Et quand la tempête survient, quand son père colérique est touché par la maladie, Hushpuppy partira à la recherche de sa mère disparue il y a longtemps.
De ce bout d’Amérique, séparé de l’autre par une digue immense, on voit (ou on imagine) la fonte des glaces de l’Arctique et le déferlement des aurochs colossaux enfin libérés par la fonte, bêtes mythiques dont Hushpuppy pourrait bien n’être que le petit déjeuner.
Un film à hauteur de gamine, caméra mobile sur monde flottant, où chacun, visible ou non, est une parcelle d’humanité, où tout va bien quand chaque chose est à sa place. Un conte moderne aux accents qui empruntent à Terrence Malick et à son The Tree of Life pour le tremblement, les doutes existentiels, à Lars Von Trier quand la planète Melancholia se dirige vers la Terre…

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