Avignon Off : pour l’outre-mer, bilan contrasté

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=26212Découvrez Bilan positif pour le festival d’Avignon 2010 sur Culturebox !

Après décompte, la Chapelle du verbe incarné (13e édition des Théâtres d’outre-mer en Avignon) a enregistré un taux de fréquentation de 54%, loin de son record de 70% en 2003 ou 2005 avec Bernarda Alba et La Mouette.

Seule la pièce Les Monologues voilés a refusé du monde à chaque représentation (la jauge est de 110 places). La première chorégraphie de Soraya Thomas (J’ai pas cherché…) a attiré les spectateurs, ainsi que Makak janbé Croco, de la compagnie Difé Kako, qui a su conquérir le jeune public progressivement. D’autres pièces, les plus littéraires (adaptées de M. Duras, M. Darwich, A. Césaire, J.Glowacki) n’ont pas suscité l’engouement, pour diverses raisons, dont la sévère concurrence d’un festival off qui présentait plus de mille spectacles pendant trois semaines.

Dans d’autres espaces que la Chapelle du verve incarné, les compagnies réunionnaises semblent avoir attiré plus les profesionnels que les amateurs, gage de tournées ultérieures (Sakura, du théâtre des Alberts) ou continuer à attirer un public de fidèles (Mâ Ravan de Taliipot).

Les Comoriens du Boutre de la parole pourraient revenir en 2011, avec une préparation spécifique.

On attend impatiemment cette prochaine édition, où devrait se produire la Compagnie du Caméléon, de Polynésie. Ainsi que (si le calendrier et les producteurs leur permettent) les créations de Jean-René Lemoine (Erzuli Dahomey) et Alain Foix (Rue-Saint-Denis).

En Avignon, le sorcier Sylaire

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=25972Découvrez Festival d’Avignon Off: Interview de Ruddy Sylaire, comédien haÏtien sur Culturebox !

Ruddy Sylaire, comédien et directeur de la compagnie Wabuza (Martinique), interprète Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire à la Chapelle du Verbe incarné (7-31 juillet 2010).

Ruddy Sylaire est né en 1965 à Port-au-Prince (Haïti) d’un père médecin, d’une mère criminologue, « une famille de vaudouïsants ».

En 1977, il a 12 ans, vit à Kinshasa (République populaire du Congo à l’époque) et lit Cahier d’un retour au pays natal, le poème fondateur de la négritude, écrit et publié dans sa première version en 1939 à Paris.

En 1986, année du départ de Jean-Claude Duvalier pour l’exil, il est en 3e année de médecine dans un pays où « les cadavres coûtent moins cher, ce qui fait de meilleurs chirurgiens », dit-il dans un souffle d’amère ironie.

En 1989, Ruddy Sylaire vit la campagne présidentielle d’Aristide « dans la voix, la parole et les gens derrière lui ». Mais déjà Haïti contient les germes de troubles : « Haïti est le prototype de ce que sera la guerre de l’eau », prophétise le médecin.

En 1992, il quitte Haïti après le scandale de la caserne Dessalines, alors que des enfants meurent à l’hôpital faute d’électricité, comme il le raconte dans l’interview qu’il nous a accordée au festival d’Avignon.

En 1993, il s’installe en Martinique, « le pays de Césaire ».

En 2002, il crée sa compagnie, Wabuza théâtre, « wabuza » signifiant « sorcier » en langue lingala du Congo, qu’il parle depuis son enfance.

Après ce festival d’Avignon, il créera un « Cahier » en version anglaise pour les îles anglophones de la Caraïbe, puis travaillera sur le texte d’un auteur uruguayen « pour se rapprocher de l’Amérique latine. »

Lire la biographie théâtrale de Ruddy Sylaire sur Africultures.