Ricky Maynard, Artiste, Aborigène, Tasmanien

Ricky MAYNARD | Vansittart Island 

© Ricky Maynard. Licensed by VISCOPY, Australia 

Ricky Maynard se présente :  » Photographe aborigène de Tasmanie « . Et l’image qu’il donne de son pays, l’un des six états d’Australie, est saisissante. Fruit de vingt ans de travail, sa très belle exposition est présentée dans le cadre de Photoquai, à l’ambassade d’Australie, à Paris, jusqu’au 11 janvier 2008.

Pour donner un  » portrait d’un terre lointaine « , Ricky Maynard a joué sur la coexistence de portraits et de paysages. Les portraits viennent de sa pratique de photographe documentaire. Que se soit en prison ou à Melbourne. Les paysages de son travail incessant sur la mémoire.

La photographie de l’île Vansittart (en haut) est accompagnée du texte suivant :

« Jusqu’en 1910, des hommes sont venus creuser sur les îles Vansittart et Tin Kettle pour chercher des squelettes. Ici nous les avons déplacés là où personne ne les trouvera. Au milieu de la nuit mon peuple a enlevé les corps de nos grands-mères et les a emmenés sur d’autres îles, nous avons planté des trèfles sur la terre retournée afin que le dernier lieu de repos de ces filles qui glissaient autrefois sur les rochers à la recherche de phoques reste un secret à jamais. »

Nous avons rencontré Ricky Maynard devant cette photo justement. Nous lui avons confié notre étonnement devant la question des Aborigènes qui auraient disparu de Tasmanie, en raison des massacres coloniaux.

Est-ce un mythe ? Réponse de Ricky Maynard : 

 » C’est la raison d’être de ce projet. Nous savons qui nous sommes et d’où nous venons et comment nous avons continué à faire vivre notre culture.

C’est l’une des raisons de l’initiation de ce projet. C’est notre interprétation de notre histoire, une version de l’histoire qui n’a jamais été racontée auparavant.

Jusque là notre système éducatif avait toujours présenté une version floue de notre histoire.

Ce projet vise essentiellement à rectifier cette fausse interprétation de notre histoire. « 

Courrier international du 31 octobre avec en couverture une photo de Ricky Maynard, extrait d’une série sur les gens âgés du peuple Wik (Cap York, Queensland) : Returning to places that name us (Retour aux lieux qui nous définissent) / Arthur, 2000. 

Keith Munro, Conservateur des programmes pour les peuples aborigènes et les insulaires du détroit de Torres, Musée d’Art contemporain (Sydney) :

 » Ricky Maynard considère la photographie de paysage comme un processus de redécouverte, une  » réévaluation d’où on se trouve (…) une façon d’aborder les questions d’identité, de lieu et de nation. (…) Il est bien décidé à ne pas présenter le peuple aborigène comme une victime. Il préfère mettre en question les préjugés de beaucoup d’Australiens non-aborigènes et questionner les idées reçues sur les événements historiques et les histoires partagées. Il aborde des éléments d’amnésie historique. «