Prix du livre France Culture – Télérama (sélection 2010)

Le 5e Prix du livre France Culture – Télérama, doté de 5000 euros, sera remis lors de la soirée d’ouverture du Salon du livre de Paris, le jeudi 25 mars, à 19h sur le stand de Radio France.
La sélection 2010 est choisie parmi les œuvres littéraires écrites en langue française et publiées en janvier, février ou mars.
Lauréats précédents : François Bégaudeau (Entre les murs, éd. Verticales) en 2006, Régis Jauffret (Microfictions, éd. Gallimard) en 2007, Véronique Ovaldé (Et mon cœur transparent, éd. de l’Olivier) en 2008, Antoine Bello (Les Eclaireurs, éd. Gallimard) en 2009.
Le jury composé, pour Télérama, de Michel Abescat, Nathalie Crom, Marine Landrot, Martine Laval, Fabienne Pascaud et Philippe Thureau-Dangin, et, pour France Culture, de Laurence Bloch, Pascale Casanova, Tewfik Hakem, Francesca Isidori, Arnaud Laporte et Bruno Patino, a présélectionné les dix romans et récits présentés ci-dessous :
La Sentinelle tranquille sous la lune, de  Soazig Aaron (éd. Gallimard)
Hors la loi, de René Belletto (éd. P.O.L)
C’est encore moi qui vous écris, de Marie Billetdoux (éd. Stock)
Le Journal intime de Benjamin Lorca, d’Arnaud Cathrine (éd. Verticales)
La Scène, de Maryline Desbiolles (éd. du Seuil)
La Centrale, d’Elisabeth Filhol (éd. P.O.L)
Esprit chien, de Luc Lang (éd. Stock)
Olimpia, de Céline Minard (éd. Denoël)
La Grande Sauvagerie, de Christophe Pradeau (éd. Verdier)
Etudes de silhouettes, de Pierre Senges (éd. Verticales)

Le nom du lauréat sera révélé dans Télérama, mercredi 24 mars.
Marc Voinchet recevra le lauréat dans Les Matins de France Culture (7h-9h) le même jour.

« La nouvelle littérature haïtienne », thème de recherche

Laferrière, Trouillot, Lahens, etc. sont-ils des écrivains haïtiens ? ou francophones ? ou japonais ?, telle est la question au cœur des préoccupations de la journée du 10 novembre 2010 organisée par Sylvie Brodziak du Département de Lettres Modernes de l’université  Cergy-Pontoise.

« 1988-2010, Regards sur la nouvelle littérature haïtienne » prendra pour titre cette journée, dont l’intention est présentée sur le site de recherche en littérature Fabula :

« En 1988, René Depestre reçoit le prix Renaudot pour son roman Hadriana dans tous mes rêves. En 2009, l’énigme du retour de Dany Laferrière est salué par le prix Médicis, Yanvalou pour Charlie de Lyonel Trouillot par le prix Wepler et Yanick Lahens reçoit le 15ème Prix du livre RFO pour La couleur de l’aube. Entre ces deux dates, d’autres Haïtiens ont été primés.    Ces récentes attributions de prix littéraires prestigieux non seulement soulignent la vigueur de la littérature haïtienne francophone mais surtout installent celle-ci dans un processus de reconnaissance et de légitimation qu’il nous semble intéressant d’observer (à noter que le festival Étonnants voyageurs qui devait se tenir à Port-au-Prince en janvier dernierinsistait sur les neuf prix remportés par les écrivains haïtiens en 2009) En effet, que s’est-il passé en 20 ans ? Quelles sont ces oeuvres – écrites au pays, en exil ou en immigration – qui désormais prolongent le corpus classique de la littérature haïtienne ? Quelles formes adoptent-elles et que racontent-elles ? Qui sont ces nouveaux auteurs? De qui se réclament-ils ? Sont-ils en fusion, en rupture et/ou en métissage ? Quel Haïti les inspire ? Quel pays, unique ou pluriel, inventent-t-ils et veulent-ils transmettre ? »   

Ananda Devi, prix Louis-Guilloux 2010 pour « Le sari vert »

Prix Louis-Guilloux 2010 pour Le sari vert (Gallimard), Ananda Devi recevra son prix et la dotation de 10 000 euros à Saint Brieuc, vendredi 5 mars 2010 et participera, le lendemain, à une journée de rencontres autour de son livre et de l’oeuvre de Louis Guilloux.

Ce que Papalagui en disait, le 15 octobre dernier (Ananda Devi m’a anéanti) :

Un père à l’agonie mais lucide, méchant et misogyne, alité dans sa maison de Curepipe à l’île Maurice, est veillé par sa fille et sa petite-fille, deux adultes qui sont toute haine pour lui et lui pour elles. Le Sari vert d’Ananda Devi joue avec les nerfs du lecteur, car au-delà de son apparent manichéisme, l’écriture est subtile et violente, belle et incisive, elle plonge profondément dans les arcanes psychologiques des personnages.

Le Prix Louis-Guilloux est présidé par le poète Yvon Le Men.

Louis Guilloux (1899-1980) est l’auteur de Le Sang noir, publié en 1935, où il reconstitue l’atmosphère d’une ville de l’arrière pendant la Première Guerre mondiale.

Prix essai France Télévisons (sélection 2010)

Vingt-et-un lecteurs-télespectateurs choisiront entre ces six essais le 25 mars, veille du prochain Salon du livre de Paris (26-31 mars) :

Didier Eribon, Retour à Reims (Fayard)Guillaume de Fonclare, Dans ma peau (Stock)

Christine Jordis, L’aventure du désert (Gallimard)

Marie-Dominique Lelièvre, Saint Laurent, mauvais garçon (Flammarion)

Michelle Perrot, Histoire de chambres (Seuil)

Ivan du Roy, Orange stressé (La Découverte)

  

50 ans après, Le Prix Carbet 2009 récompense Alain Plénel

Le prix Carbet de la Caraïbe a été attribué samedi soir à Fort-de-France à Alain Plénel, ancien haut fonctionnaire de l’Education nationale en Martinique dans les années 50, connu pour ses idées humanistes et anticolonialistes, rapporte l’AFP.
Vice-recteur de la Martinique de 1955 à 1960, il avait été révoqué de son administration après ses prises de position publiques lors des émeutes de la Martinique de décembre 1959.
« Désormais, nous allons décerner ce prix non pas à un livre ou à une œuvre mais à l’ensemble de l’œuvre d’un homme ou d’une femme. Une oeuvre qui peut être une œuvre de l’esprit », a déclaré Edouard Glissant lors de la remise du prix au fils du lauréat, le journaliste Edwy Plenel.

Cette orientation du Prix Carbet semble se confirmer : l’édition 2008 avait récompensé Simone et André Schwarz-Bart. Ainsi pour ces deux dernières années, le jury se prononce hors des listes de livres qui concourent.

Décembre 59 est une date importante en Martinique. Cinquante ans après vont être commémorer le souvenir de trois journées d’émeutes à Fort-de-France, du 20 au 23 décembre 1959, qui avait coûté la vie à trois jeunes tués par balles : Julien Betzi, Edmond Eloi, dit « Rosil » et Christian Marajo. La police a été officiellement blanchie.
Le vice-recteur de l’époque, Alain Plenel avait mis en garde sa hiérarchie, quelques jours auparavant : « Le problème de la jeunesse martiniquaise est critique, dangereux. Il fait peser sur l’avenir de cette île un lourd nuage d’incertitudes », avait-il écrit.

Extrait reportage d’Adams Kwateh dans France-Antilles, le 13/12/09 :

« Il avait félicité Christian Marajo quelques semaines plus tôt pour ses bons résultats scolaires. Le 27 décembre 1959 à 16 heures, lors de l’inauguration d’un groupe scolaire au Morne-Rouge, le vice-recteur demande que le nom de Marajo soit donné à cet établissement. Quelques jours plutôt le 22 décembre, il fait l’éloge funèbre de Marajo lors de ses obsèques au Robert. Il n’en fallait pas plus pour qu’Alain Plénel tombe sous le coup du bannissement total. Le 30 janvier 1960 à 17 h 20, il quitte la Martinique devant un public estimé entre 400 et 500 personnes. Parmi elles, Aimé Césaire, Georges Gratiant et tous les parlementaires de Martinique. C’est cette conscience éveillée qui a été honorée par le Prix Carbet. »

Il avait qualifié les événements de « Trois Glorieuses de Décembre 59 ». A 87 ans, il fera le voyage en fin de semaine pour participer aux commémorations du cinquantenaire.
A noter, qu’un an auparavant, en 1958, Edouard Glissant était récompensé du Prix Renaudot pour son magnifique roman La Lézarde.

A lire sur le site Médiapart d’Edwy Plenel, les réactions du fils et du père :

« Je garde pour toujours en mon cœur le souvenir de la solidarité qui m’a alors été témoignée par le peuple martiniquais, et notamment ses éducateurs, face à cette épreuve qui devait déterminer toute ma vie. Cinquante ans plus tard, en ce mois de décembre 2009, c’est aux instituteurs, aux professeurs, à tous les enseignants des Antilles, ces patients porteurs de lumières, que doit revenir le mérite de recevoir ce prix prestigieux. Je les associe donc dans l’honneur qui m’est fait, en ce vingtième anniversaire du Prix Carbet, ce prix qui symbolise toute la vitalité de la Caraïbe, de ses peuples et de leurs imaginaires. »

ainsi que les commentaires du jury :

« Ce Prix Carbet 2009 a décidé d’honorer un principe, une vie, un exemple. Un geste. Une conscience. La bonne conscience peut être anesthésiante. La mauvaise conscience crée des enfers solitaires. La conscience ouverte est de l’ordre de la Relation.

C’est cette dernière qui fait sens pour nous et nous invite à considérer le signal fort que cet homme envoya en 1959  en faisant comprendre que les victimes de cette guerre incarnaient et manifestaient un rempart contre la barbarie. »

Grand prix littéraire caraïbe

Le grand Prix littéraire caraïbe a été décerné à Axel May pour Guyane française : L’or de la honte (Calmann-Lévy) et Emmelie Prophète pour Le Testament des Solitudes (Mémoire Encrier).
Le Grand prix littéraire des Caraïbes a été créé en 1964 par l’ADELF (Association des Écrivains de Langue Française).

Yanvalou pour Yanick Lahens, Prix RFO du livre 2009

Les Germanopratins doivent jalouser les Haïtiens ! Après le Médicis à Dany Laferrière, le Wepler à Lyonel Trouillot, le Prix RFO du livre revient à Yanick Lahens pour un très beau roman, publié lors de la rentrée 2008, en l’absence de plusieurs membres du jury : Edouard Glissant, Daniel Picouly et Gisèle Pineau.

Avec La Couleur de l’aube (éditions Sabine Wespieser), Yanick Lahens est lauréate du Prix RFO du livre 2009, cinquième auteur haïtien à être récompensé d’un prix littéraire par RFO en quinze ans de prix, après Louis-Philippe Dalembert (L’autre face de la mer, 1999), Dany Laferrière (Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit, 2002), Gary Victor (Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin, 2004), et le prix spécial du jury à Lyonel Trouillot (Bicentenaire, 2005).

Revue des blogs et sites :

Après la publication de Dans la maison du père (Le Serpent à plumes, 2001), roman dans lequel une jeune héroïne issue de la grande bourgeoisie haïtienne faisait l’apprentissage de la culture populaire, Yanick Lahens s’engouffre dans les bas quartiers du  » noir-humiliation « . Et, avec La Couleur de l’aube, son deuxième roman, elle pénètre le coeur de cette  » barbarie qui prend le visage de la Loi. « 

Jérôme Goude, Le Matricule des Anges

Yannick Lahens, dans un style magistral de poésie « clairvoyante », un regard désolé-désolant, dresse le portrait sans complaisance d’Haïti, dans ses gestes coutumiers, ses outrances macoutistes, ses espérances tragiquement dérisoires. Les thèmes ne sont pas sans rappeler la prose magnifiquement décapante de Marie Chauvet (Amour, colère et folie) et le ton de William Faulkner (à qui elle a consacré un essai comparatif) d’une part et le théâtre feutré de Jean Luc Lagarce (J’étais dans la ma maison et j’attendais que la pluie vienne) d’autre part. Dieu (ou les loas), s’il a créé ce monde, je lui souhaite d’être torturé par le remords. Excellent. Tout simplement excellent.

(blog Ici Palabre, note de lecture de Monique Dorcy, documentaliste au collège Auguste Dédé.

Ce roman magnifique nous parvient ainsi, et vient déranger l’ordre de nos lectures, manifestant au plus profond le refus de l’horreur, comme notre propre absence à cette histoire. Il dit à la fois le silence et la nécessité de le percer, les hurlements des voix multiples prises dans l’entrecroisement des désespoirs, et la stupeur muette de ceux qui sont démentifiés. En même temps, il ne s’achève pas dans la répétition du désespoir, ni dans la stéréotypie de la représentation : il est d’abord affaire de rigueur dans la composition, comme de maîtrise de la parole littéraire.

(Yves Chemla, Africultures, 25/11/08)

Dans ce roman sensuel et douloureux, Yanick Lahens raconte ce pays misérable peuplé de vaincus qui n’en finissent pas de perdre, tout en laissant transparaître l’amour infini qu’elle lui porte. De son écriture rythmée, légèrement répétitive, se dégage une musicalité envoûtante, litanie tour à tour pleine d’espoir, de colère et de désarroi qui tente de donner, enfin, la parole aux habitants de ce point noir de l’Atlantique qui sombre chaque jour un peu plus dans un oubli planétaire.

François Reynaud, Librairie Lucioles, Vienne

Pour être complet, lire sa notice biobibliographique sur le site Île en île.

Prix Carbet 2009, une sélection et quelques absents

Le Prix Carbet de la Caraïbe 2009, l’un des principaux prix littéraire des mondes transculturels atlantico-antillais, propose des rencontres en Martinique, du 7 au 12 décembre. C’est la 20e édition de ce prix, présidé par Edouard Glissant. Son objet est de « contribuer chaque année à illustrer et raviver la force de création, les imprévus de l’imaginaire, surgis de cet archipel et de ses prolongements, la parole née de tant d’énergies qui là se sont rencontrées et désormais se reconnaissent, entre les visions à grand espace des Amériques et la poussée flamboyante des Afriques. »

« Les ouvrages admis à concourir traitent de l’imaginaire ou du réel de la Caraïbe et des Amériques. Les ouvrages devront avoir été  édités en langue française ou créole, y compris les traductions dans ces langues, entre le 1er octobre de l’année précédente et le 30 septembre de l’année du concours. Tous les genres sont admis à concourir. »

Alors pourquoi l’absence de l’essai de Renaud Meltz, Alexis Léger dit Saint-John Perse, publié en octobre 2008 ou du très beau livre de photos The Rest… de Jean-Luc de Laguarigue, ou encore des très nombreux essais consacrés à l’œuvre de Césaire (une vingtaine publiés depuis octobre 2008), malgré un hommage au poète le 9 décembre ?

Livres sélectionnés :

Romans, nouvelles, récits
Louis BOUTRIN, (Martinique), La coulée de la rivière blanche, Ed° Edilivre, 2009.
José LE MOIGNE, (Martinique), Joseph ZOBEL, Le cœur en Martinique et les pieds en Cévennes, Ibis Rouge Editions, 2009.
Robert VERGER, (Guadeloupe), Autopsie d’un Guadeloupéen, L’Harmattan, 2009
Lyonel TROUILLOT (Haïti), Yanvalou pour Charlie. Arles: Actes Sud, 2009.
Neil BISSOONDATH, (Trinidad), Cartes postales de l’enfer, éditions Phébus 2009
Wendy GUERRA (Cuba), Mère Cuba, éditions Stock, 2009 (lauréate du Prix Carbet des lycéens 2009)

Louis Philippe DALEMBERT (Haïti), Le roman de Cuba, éditions du Rocher, 2009.


Essais, dictionnaire

Hector POULET, Sylviane TELCHID, Frédéric ANCIAUX (Guadeloupe), Le Déterville, Français-Créole, PLB Editions, 2009.
Jean-Georges CHALI, (Martinique), Vincent PLACOLY, Un créole américain, Editions Desnel, 2009
Stéphanie BÉRARD, Théâtre des Antilles, L’Harmattan, 2009
Joël DES ROSIERS, (Haïti), Lettres à l’indigène, éd. Triptyque 2009.
Joël DES ROSIERS, (essai), Théories caraïbes, poétique du déracinement, 1996, réédition revue et augmentée 2009, Prix de la Société des écrivains canadiens; éd. Triptyque, 2009.
Alain RENAUT (France), Un humanisme de la diversité, essai sur la décolonisation de l’identité, Flammarion, 2009.
Alain FOIX, (Martinique), Noir, de Toussaint Louverture à Barack Obama, Galaade, 2009.

Poésie
James NOEL (Haïti), Le sang visible du vitrier, éd. Vent d’ailleurs, 2009.
James NOEL, (Haïti), Poèmes à double tranchant, seul le baiser pour muselière, Le chasseur abstrait éditeur, 2009.
Paul Harry LAURENT (Haïti), Le vin d’une prose d’un écolier, Le chasseur abstrait éditeur, 2009.
José Le MOIGNE (Martinique), Poèmes du sel et de la terre, éd. L’arbre à parole 2009.

Théâtre
Gerty DAMBURY (Guadeloupe), Trames, Les éditions du manguier, septembre 2009.
Frantz SUCCAB, (Guadeloupe), Conte à mourir debout, Lansman, 2009.

Véronique Ovaldé, Prix roman France Télévisions 2009

Les femmes puissantes de Véronique Ovaldé dans la catégorie « Ce que je sais de Vera Candida » (L’Olivier) ont remporté le Prix roman France Télévisions 2009. Un jury de vingt-et-un télespectateurs l’a distingué au 4e tour de srutin par 11 voix, contre 6 pour Le Rapt, d’Anouar Benmalek (Fayard) et 4 à L’énigme du retour de Dany Laferrière (Grasset).

À voir des images de la délibération et de la remise du prix.