Gary Victor, Prix Casa de las Américas pour « Le Sang et la Mer »

L’écrivain haïtien Gary Victor vient de remporter, à La Havane (Cuba), le prix Casa de las Américas 2012 pour son roman Le Sang et la Mer, édité par Vents d’ailleurs en 2010. Dans la même catégorie, « Littérature caribéenne en français ou en créole », Gisèle Pineau a été récompensée d’une mention spéciale pour Morne Câpresse (Mercure de France, 2008).

« « Le sang et la mer » est un beau roman, assez différent, à la fois par l’histoire, la tendresse et l’espoir qui le traversent, des autres livres de Gary Victor. Ce prix est largement mérité. », commente Emmelie Prophète dans Le Nouvelliste, à Port-au-¨rince (Haïti)

Sur Le Sang et la Mer, voir l’article de Gangoueus sur son blog : « Si Gary Victor est un fantastique peintre de la réalité des quartiers difficiles de cette grande ville qu’est Port-au-Prince, il sait également mettre en scène les états d’âme de ses personnages. Relations complexes dans une fratrie, conflits intérieurs aux personnages, rapports biaisés entre les deux communautés historiques de ce pays, mulâtres et noirs. On a le sentiment d’un schisme définitif et d’un fossé infranchissable entre ces deux groupes. Et quand l’amour qui prend forme est-il sain dans cette île ? La relation amoureuse m’a rappelé les développements de Frantz Fanon sur les couples mixtes d’après guerre. Finalement, c’est sur le mal être de son pays que s’exprime Gary Victor en dépeçant le mythe erroné de ce qu’on a appelé la première nation nègre.  »

Morne Câpresse est présenté ainsi par l’éditeur : « Les plantations étaient amoureusement soignées, ordonnées, tracées au cordeau. Une, deux, trois cocoteraies. Des vergers plantés d’arbres aux branches solides chargées d’oranges, pamplemousses, citrons verts. Et quatre, cinq, six potagers sages. Et aussi, bien alignées, des rangées de pastèques, melons, ananas. Et des fleurs en quantité. Des allées d’hibiscus rouges, des parterres d’alpinias, des étendues de roses-porcelaine, tranquilles, au bordage d’une rivière peuplée par une tribu de grosses roches ébaubies sous le soleil.

Au sommet du Morne Câpresse, dans un véritable jardin d’Eden, vit la mystérieuse Congrégation des Filles de Cham. Dirigée par la sœur Pacôme, la communauté recueille des femmes blessées par la vie : meurtrières, droguées, prostituées… Soumises à une hiérarchie inflexible, des dizaines d’adeptes œuvrent pour panser les plaies de ces filles perdues et faire respecter des rites stricts. C’est en désespoir de cause que Line, à la recherche de sa sœur disparue Mylène, grimpe sur le Morne et s’adresse aux Filles de Cham : mais ses questions gênantes perturbent le bel ordonnancement. Derrière les apparences idylliques, ces femmes cacheraient-elles quelques lourds secrets ? »

À venir : Anthony Phelps, Nomade je fus de très vieille mémoire

Attendu avec impatience lors d’Étonnants voyageurs (Haïti, 1er-4 février 2012), Anthony Phelps viendra avec une nouveauté, l’anthologie de son œuvre poétique publiée par les éditions Bruno Doucey dans leur collections Tissages sous le titre de Nomade je fus de très vieille mémoire (à paraître en France le 9 février 2012). Un volume de 240 pages.

À noter dans l’œuvre poétique de cet auteur vivant à Montréal : Mon pays que voici. (P.J. Oswald, 1968, réédition Mémoire d’encrier, 2007) ; Une phrase lente de violoncelle (Éditions du Noroît, 2005) et Une plage intemporelle (Éditions du Noroît, 2011).

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