Ici, la mort saccage abondamment. Nous pleurons nos morts sans plus disposer d’une seule goutte de larme dans le corps.
La suite sur le blog du poète James Noël, écrit depuis Haïti « Quelques mots lâchés en catastrophe ».
Ici, la mort saccage abondamment. Nous pleurons nos morts sans plus disposer d’une seule goutte de larme dans le corps.
La suite sur le blog du poète James Noël, écrit depuis Haïti « Quelques mots lâchés en catastrophe ».

Un coup de crayon pour Haïti est une vente aux enchères de dessins originaux de 70 dessinateurs de BD, du 8 au 18 février 2010, vente aux enchères virtuelle à partir d’aujourd’hui 20h30, les reproductions des dessins étant consultables sur Internet (Ebay (Belgique), Croix Rouge de Belgique ou Facebook).

De Belgique, Thierry Coppée s’adresse ainsi aux auteurs :
Je vous mets ci-dessous les modalités de l’action de solidarité que nous aimerions réaliser.
Je porte à votre attention que les frais d’expédition, une fois l’enchère terminée, seront à votre charge. Ces frais devraient cependant être minimes si votre travail peut être contenu dans une enveloppe A4. Nous avons réfléchi à une autre manière pour vous épargner ce désagrément, mais avec le peu de temps qui nous est imparti, ce moyen nous a paru le plus réalisable. J’espère qu’il n’enlèvera en rien votre envie de participer à notre initiative.
Enfin, si vous avez autour de vous d’autres auteurs qui seraient susceptibles d’être intéressés par notre proposition, je vous invite à les contacter, à leur transférer ce message.
Un groupe facebook sera crée à cet effet dans les heures qui viennent.
Je vous remercie pour l’attention que vous avez portée à mon message et vous souhaite de passer une excellente journée
Cordialement
Thierry Coppée
MODALITES PRATIQUES de l’opération « un coup de crayon pour Haïti »
> Le dessinateur met aux enchères via le site internet http://www.croix-rouge.be de la Croix-Rouge de Belgique une planche ou illustration originale en n/b ou couleurs directes.
> Le thème est libre : une œuvre existante ou une création en lien avec la catastrophe survenue à Haïti (un A4 est alors préconisé pour limiter les frais postaux).
> Un scan de l’œuvre est envoyée par mail à la Croix-Rouge avant le dimanche 31 janvier au format .pdf ou .jpg à l’adresse com.croixrouge@gmail.com
Dans votre mail, merci d’indiquer votre nom d’artiste, le titre de la planche ou de l’illustration, son format, la date de réalisation et le prix de vente estimé par l’auteur (un prix minimum sera demandé, en fonction de cette estimation).
> La Croix-Rouge communiquera l’opération via son site et via l’envoi d’un communiqué de presse
> Les mises aux enchères démarreront le lundi 1er février et seront clôturées le mercredi 10 février
> Dès réception du payement par la Croix-Rouge mi-février, l’adresse de l’acheteur sera communiquée par mail à l’auteur.
> L’auteur se charge de l’envoi postal de l’œuvre originale dédicacée (un A4 par poste coûte de 2 à 3 euros).
> La Croix-Rouge vous remercie déjà ! Et communiquera le résultat de cette vente aux enchères sur son site
> Pour toute question concernant cette action, n’hésitez pas à contacter Violaine Dupuis de la Croix-Rouge de Belgique : violaine.dupuis@redcross-fr.be – 0032. 2/371 32 58
Retrouvez toute l’actualité concernant l’intervention de la Croix-Rouge à Haïti sur www.croix-rouge.be.
Pour le Peuple de Haïti et à la mémoire de Toussaint-Louverture
Vaccines*
Orphelines
Vaccines
Peti
Toussaint
A faim
Orphelines
Vaccines
Tipeti
Toussaint
A besoin de soins
Orphelines
Vaccines
Manman
Toussaint
Pour ses enfants
A grand chagrin.
Anick Roschi
Port-au-Prince, 12.01.10
( * Instrument traditionnel, trompes de bambou utilisées lors des parades de rue
. Le nom des vaccines sont, de la plus grande à la plus petite :
manman,chalmail,mondesi,peti,tipeti. )
Haïti en nécrologie….
Page sans entête, sans logo, sans date
Écrite en lettres noircies de sang
Arrachées à des brides de mots survivants
Décuplés de crainte, d’horreur et de peur
Des mots de mort, à simple interligne
Tremblant d’effroi
Des mots de mort, à double colonnes
Résonnant de frayeur
Des mots de mort, à triple pages
S’ajoutant à la liste des absents.
Où en es-tu, Haïti?
Es-tu encore là?
Reviens vers les tiens, continue ton Histoire
Reprends la lecture de ta page de vie
La mort est morte sans toi …
Monique Chénard Lavigne
Notre-Dame-de-Ham (Québec)

Plus d’une centaine de libraires organisent aujourd’hui en France une journée de soutien à leurs confrères haïtiens frappés par le séisme meurtrier du 12 janvier, rejoints par des librairies du monde francophone qui se mobilisent pour Haïti.
Pour chaque achat de livre, 50 centimes d’euros seront reversés aux libraires haïtiens sinistrés, dans les librairies participant à l’opération organisée sous l’impulsion de l’Association internationale des librairies francophones (AILF), soutenue par le syndicat de la librairie française (SLF).
Il s’agit d’aider à la reconstruction des librairies détruites ou endommagées, à la reconstitution des stocks ainsi qu’à la rémunération des personnels en attendant la réouverture, précisent les librairies du groupement Initiales.
Sur la librairie La Pléiade des sœurs Lafontant située à un kilomètre du Palais présidentiel, qui a été détruite par le séisme (la succursale, installée sur les hauteurs de Pétionville, est intacte), lire l’article d’Anne-Laure Walter dans Livres-Hebdo, publié au lendemain du cataclysme.

Parmi les événements artistiques importants depuis le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti :
La lecture du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire par Jean-René Lemoine, à la MC 93 de Bobigny, le 16 janvier ;
La projection de Royal Bonbon, film de Charles Nadjam, avec Dominique Batraville dans le rôle du Roi Christophe, poussant sa brouette sur laquelle sont peints ces mots : « je renais de mes cendres », au cinéma Max Linder, le 24 janvier ;
Les concerts de solidarité de musiciens haïtiens ou non, au Bataclan de Paris ou non ;
La rencontre pas uniquement littéraire avec Dany Laferrière, auteur de L’énigme du retour (Grasset), le 25 janvier, à la Bibliothèque de l’Arsenal, à Paris ;
Les entretiens média de Lyonel Trouillot, le 30 janvier ;
L’avant-première du film Molock Tropical, de Raoul Peck, au Forum des images, le 2 février ;
La sortie du roman, Saisons sauvages, de Kettly Mars (Mercure de France), le 4 février ;
La projection annoncée du film Mario Benjamin, d’Irène Lichtenstein, en présence de l’artiste, le 4 mars aux journées du cinéma africain de Lausanne, dont est extraite la reproduction ci-dessus ;
A Port-au-Prince, du 14 au 16 février, cinéma en plein air au Champ-de-Mars ;
etc.
lundi 1er février 2010
Par Anthony Phelps Nous n’irons plus jouer à la marelle et lancer nos pions par-dessus le ciel de terre. Nous n’irons pas pêcher la lune au Quai Christophe Colomb.Lorsque que j’ai appris qu’un tremblement de terre avait détruit ma ville natale, plusieurs passages de mon recueil : Mon Pays que voici, me sont revenus à la mémoire. Je ne me doutais pas, en 1965, qu’en écrivant cette marche poétique à l’intérieur de l’Histoire d’Haïti, je décrivais le drame qui frappe aujourd’hui mon Pays.La suite sur le site AlterPress.

Lancement du Réseau Culture Haïti à l’occasion du Bal créole spécial Haïti, à la Bellevilloise, Paris, le 14 février 2010 à partir de 17h.
La tragédie haïtienne a bouleversé le monde entier. Mais au-delà de l’urgence humanitaire des premières semaines pour apporter les secours aux victimes, l’appui à Haïti doit se manifester sur le long terme. Parallèlement à la reconstruction des infrastructures et des bâtiments, la renaissance d’Haïti réclame une action d’envergure dans tous les domaines de la création afin d’appuyer l’énergie et la vitalité d’un peuple qui déjà se relève.
Ce travail de soutien doit plonger ses racines au plus profond de la culture haïtienne, et cette contribution, basée sur le partage, doit être à la hauteur de la force créatrice d’Haïti.
Haïti se reconstruira grâce à l’aide de tous, mais aussi et avant tout par elle-même. Haïti se reconstruira par sa culture.
C’est pourquoi, le Réseau Culture Haïti, structure indépendante, s’est mise en place sous l’impulsion de différentes associations et acteurs culturels haïtiens et français, de personnalités et d’artistes, pour soutenir la culture haïtienne et ses créateurs.
Le Réseau se fixe cinq objectifs :
• Initier, relayer et soutenir les actions culturelles de solidarité avec Haïti en France sur le long terme à travers des festivals, concerts, spectacles, projections de films, expositions, rencontres… destinées à lever des fonds ou sensibiliser aux nouveaux défis auxquels est confronté le secteur culturel haïtien.
• Inventorier les dégâts subis par le patrimoine culturel. Participer à l’état des lieux et de la situation des artistes haïtiens touchés par le séisme, afin d’évaluer les besoins immédiats, à moyen et long terme.
• Favoriser les partenariats entre structures haïtiennes, françaises, européennes et internationales afin de tisser un réseau de résidences de création, de formations, de bourses…
• Soutenir la circulation en France et en Europe des artistes venant d’Haïti.
• Travailler en lien avec les institutions haïtiennes, françaises et internationales, également engagées dans un processus de soutien au secteur culturel haïtien, dans le but de mutualiser les énergies pour un objectif commun.
Les bénéficiaires des fonds récoltés ou gérés par le Réseau Culture Haïti seront présentés sur notre site Internet, ainsi que toutes les initiatives de solidarité culturelle associées au Réseau Culture Haïti.
Lors du Bal créole, le Réseau Culture Haïti présentera la liste de ses premiers membres ainsi que son comité de parrainage. À cette occasion, une levée de fonds sera mise en place pour contribuer à la restauration du péristyle vodou de Mme Nerval à Jacmel.
La Bellevilloise – 20 rue Boyer – 75020 Paris – Tél : 01 46 36 07 07
Les membres fondateurs :
Régine Cuzin, Commissaire d’exposition
Emmanuelle Honorin, Journaliste, Programmatrice musique
Anne Lescot, Réalisatrice
Anne Louise Mésadieu, Comédienne
Charles Najman, Réalisateur
Les premiers membres du réseau :
Action pour Haïti représenté par Anne-Louise Mésadieu
Collectif 2004 Images représenté par Anne Lescot
Editions Vents d’Ailleurs représenté par Jutta Hepke
FASTFORWARD Haïti représenté par Laurence Magloire
Gens de la Caraïbe représenté par Karole Gizolme
Géomuse représenté par Charles Najman
Karlex
La Maison des Artistes représentée par Rémy Aron
Le Tarmac de la Villette représenté par Valérie Baran
Mondomix représenté par François Mauger
OCEA – Organisation et conception d’évènements artistiques représentée par Régine Cuzin
http://www.reseau-culture-haiti.org Ouverture du site internet le 14 février.

Archibald, 10 ans, restavec… Propos recueillis par Dorothée Ollieric et Yves Moine, envoyés spéciaux de France 2 à Ganthier (Haïti), sujet diffusé dans le journal de 20h du 4/02/10 :
– Tu le vois comment ton avenir ?
– Mon avenir… Je ne le vois pas… parce que mon pays est détruit. Je ne peux plus allé à l’école ni apprendre rien. Toutes les écoles sont détruites, même mes professeurs sont morts, les élèves sont morts, je ne peux rien faire.
Cités dans le reportage : Gertrude Séjour, Fondation Maurice Sixto et le Père Joseph Simon, Fondation Timkatec.
Je pense à Gary Victor, surpris au moment du séisme du 12 janvier à son bureau, travaillant à la traduction en créole du Petit prince.
A sa manière, Archibald est un Petit prince se réveillant dans une ville de larmes et de ruines. Il nous reste à souhaiter que Gary achève bientôt sa traduction et que son livre parvienne à Archibald.
Liste des traductions du Petit prince ici.
J’aime cette phrase de Mahmoud Darwich : « Aucun peuple n’est plus petit que son poème. » On ne peut imposer un thème aux écrivains haïtiens mais je pense qu’ils ont la responsabilité de dire ce pays, à la fois dans ses difficultés et dans sa viabilité. Je pense que la plupart le font. Il faut également un discours humaniste qui, à l’intérieur d’Haïti, touche l’ensemble de la population, et affronte le discours sur les origines sociales et les préjugés de couleur qui travaillent la société. C’est le rôle des artistes et des écrivains que de dire qu’Haïti est à tous. Il faut que tous puissent l’habiter dans le respect des droits et dans la satisfaction des besoins.
Entretien de Lyonel Trouillot avec Cathy Ceïbe, L’Humanité, 4/02/10