L’œuvre des mers, sélectionné pour deux prix littéraires

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=32512Découvrez L’intégrale de l’Oeuvre des mers d’Eugène Nicole sur Culturebox !

L’œuvre des mers, d’Eugène Nicole (Saint-Pierre et Miquelon) et Corps mêlés, de Marvin Victor sont sélectionnés pour le 6e prix du livre France-Culture Télérama, qui sera remis lors du Salon du livre de Paris, le 17 mars, et pour le prix Louis Guilloux qui sera attribué le 15 mars.

France Culture et Télérama récompensent, chaque début de printemps, une œuvre littéraire écrite en langue française et publiée en janvier, février ou mars.
Doté de 5 000 euros, le prix sera remis lors de la soirée d’ouverture du Salon du livre de Paris, le jeudi 17 mars à 19 heures, sur le stand de Radio France.
Le jury a présélectionné les dix romans et récits suivants :
Ce qu’aimer veut dire, de Mathieu Lindon (éd. P.O.L.)
Les Liaisons ferroviaires, de Jean-Pierre Martin (éd. Champ Vallon)
Des Femmes disparaissent, de Christian Garcin (éd. Verdier)
L’œuvre des mers, d’Eugène Nicole (éd. de L’Olivier)
Dino Egger, d’Eric Chevillard (éd. de Minuit)
Bande-son, de Bertrand de la Peine (éd. de Minuit)
Tu verras, de Nicolas Fargues (éd. P.O.L.)
Une lointaine Arcadie, de Jean-Marie Chevrier (éd. Albin Michel)
La Lettre de Buenos Aires, d’Hubert Mingarelli (éd. Buchet-Chastel)
Corps mêlés, de Marvin Victor (éd. Gallimard)

Le prix Louis Guilloux, doté de 10 000 euros, récompense l’auteur d’un roman ou récit en langue française s’inscrivant dans la lignée littéraire de l’écrivain breton, privilégiant notamment la “dimension humaine d’une pensée généreuse, refusant tout manichéisme, tout sacrifice de l’individu au profit d’abstractions idéologiques”.

Son jury, présidé par Yvon Le Men, est majoritairement composé d’écrivains.

21 titres sont en compétition :
Yahia Belaskri, Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, Vents d’ailleurs
Jeanne Benameur, Les insurrections singulières, Actes Sud
Vincent Borel, Antoine et Isabelle, Sabine Wespieser
Delphine Coulin, Samba pour la France, Le Seuil
Jean-Baptiste Del Amo, Le sel, Gallimard
Jérôme Ferrari, Où j’ai laissé mon âme, Actes Sud
Hervé Jaouen, Les sœurs Gwenan, Presses de la Cité
Dany Laferrière, Tout bouge autour de moi, Grasset
Maxim Leo, Histoire d’un Allemand de l’Est, Actes Sud
Andreï Makine, Le livre des brèves amours éternelles, Le Seuil
François Marchand, Plan social, Le Cherche Midi
Patrice N’Ganang, Mont plaisant, Philippe Rey
Eugène Nicole, L’œuvre des mers, L’Olivier
Anthony Palou, Fruits & légumes, Albin Michel
Bernard Ruhau, Salut à vous !, Maurice Nadeau
Lionel Salaün, Le retour de Jim Lamar, Liana Levi
Frédéric Valabrègue, Le candidat, P.O.L
Jean Védrines, La belle étoile, Fayard
Gary Victor, Le sang et la mer, Vents d’ailleurs
Marvin Victor, Corps mêlés, Gallimard
Frédéric Werst, Ward, Le Seuil

(source : Livres-Hebdo).

Maryse Condé : une nouvelle « rékolt kafé » (Gens de la Caraïbe)

Lu sur le site de Gens de la Caraïbe (qui) « souhaite un sincère et joyeux anniversaire à Maryse Condé, auteure guadeloupéenne reconnue et traduite dans plus de douze langues.
Ses romans de Ségou à En attendant la montée des eaux nous emmènent de l’empire malien aux villes et communes imaginaires de Guadeloupe, Cuba, Jamaïque ou du Panama pour aborder des questions sensibles de société. Fidèle à son image « d’auteure qui dérange », Maryse Condé aime « mettre en lumière ce que les gens aiment cacher » et se défend d’écrire des romans militants, même si elle se présentait aux élections régionales en 1992 sur la liste du parti  indépendantiste. Elle confiait à Françoise Pfaff dans une série d’entretiens paru chez Karthala en 1993 que ses personnages étaient « des anti-héros, des gens pas très sûrs d’eux et pas très sympathiques, pensant qu’il ne faille pas que les gens soient parfaits pour qu’on les aime. Ils sont ce qu’ils sont. »

Parmi les thèmes de prédilection de Maryse Condé, figurent les préjugés de couleurs, les conséquences de l’esclavage, les absurdités de nos sociétés et ses romans n’oublient jamais de parcourir notamment la Caraïbe des petites aux grandes Antilles avec toujours une mention au peuple haïtien.

Pour ces raisons et d’autres encore, Gens de la Caraïbe rendra hommage à Maryse Condé en 2011 et 2012 sur son site Internet. Nous réexplorerons ensemble son travail impressionnant et valoriserons des actions menées autour. »

Édouard Glissant, le Tout-monde à Saint-Laurent du Maroni

« Je devine peut-être qu’il n’y aura plus de culture sans toutes les cultures, plus de civilisation qui puisse être métropole des autres, plus de poète pour ignorer le mouvement de l’Histoire. » Soleil de la conscience, 1956.

Apéritif poétique en hommage à Édouard Glissant, soirée organisée par la compagnie KS and Co et la bibliothèque de Saint-Laurent du Maroni (Guyane), vendredi 11 février, 18h, à la case n°9 du camp de la transportation. Une compagnie imprégnée de l’œuvre d’Édouard Glissant, comme vécu au dernier festival d’Avignon :

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=25738Découvrez Festival d’Avignon Off 2010: Entretien avec Serge Abatucci sur Culturebox !

Édouard Glissant, départ de l’ami élégant d’Haïti (Dominique Batraville)

« Avec la mort d’Édouard Glissant, la littérature caribéenne perd un penseur de classe. Connu en Haïti comme poète, dramaturge, romancier et penseur, le défunt philosophe antillais dépasse les frontières de sa Martinique natale à cause de la puissance de son œuvre intellectuelle protéiforme.  » Lire la suite du texte de Dominique Batraville, poète, comédien et journaliste haïtien, dans Haïti Press Network.

Journée Émile Ollivier

Une journée d’étude de l’œuvre d’Émile Ollivier, le 11 février 2011, telle est la proposition de Lise Gauvin, universitaire québecoise, auteur d’un livre récent d’entretiens avec Édouard Glissant, L’imaginaire des langues (Gallimard, 2010).

Cette journée est préparée en collaboration avec le CRILCQ (Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises). Elle est présentée ainsi :

« Toute l’œuvre d’Émile Ollivier est tendue vers la traversée des frontières, les passages d’une culture à une autre, d’un lieu à un autre, dans un va-et-vient constant entre le connu et l’inconnu, la mémoire et la prospection. Intellectuel passionné par les questions d’identité et d’appartenance, d’exil et de nomadisme, il a toujours fait preuve d’une réflexion originale et nuancée. À ce titre, son œuvre nous apparaît aujourd’hui d’une grande actualité, lui qui n’a cessé de faire d’Haïti le centre autour duquel gravite l’ensemble de ses textes.
Émile Ollivier représente un destin exemplaire d’écrivain « migrant ». Cependant, celui qui a contribué à définir le concept même d’écriture migrante,  a aussi été le premier à le faire éclater. Le « schizophrène heureux » qui se disait Québécois le jour et Haïtien la nuit a voulu prendre des distances avec une certaine forme d’enfermement dans la condition d’écrivain migrant. »

Haïti, heure H

12 janvier en Haïti,
Douze et un mille travaux d’Hercule
Jour J, Heure H
Hadriana hachée
H, huitième lettre,
Colonnes en H
du marché de fer,
dit Hyppolite,
Debout,
Hommes-Kenbé-la !
Herculéenne tendresse
Hachures verticales
Horst de hâbleries héroïques
Rouges haillons haillonneux
Halètements d’enfants sans havre
Hapax, dit Depestre d’Haïti
et de son hiatus qui harponne de ses hardiesses
Hébétudes des humanitaires héliportés
Hep ! stoppent les feuilles d’herbes d’Haïti

qui hérissonnent, qui papillonnent

Houle hargneuse du monde vivant.

(photo Jordi Cohen)

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Pourquoi Haïti ? (Chantal Guy)

« Je n’ai pas envie de vous parler du 12 janvier parce que, depuis trois semaines, j’ai fait le plein d’autres images. La beauté, je l’ai vue partout sur mon chemin. Dans la vitalité formidable des Haïtiens, sans cesse en mouvement malgré le piétinement généralisé. En mangeant du lambi sur une route congestionnée sans autre lumière que celle des étoiles. Dans les tap-tap bondés où votre présence de Blanc suscite le fou rire. Dans les couleurs éclatantes des toiles d’art qui jurent contre les murs fissurés. »

Extrait de l’article de Chantal Guy, La Presse (Montréal)