Maryse Condé : une nouvelle « rékolt kafé » (Gens de la Caraïbe)

Lu sur le site de Gens de la Caraïbe (qui) « souhaite un sincère et joyeux anniversaire à Maryse Condé, auteure guadeloupéenne reconnue et traduite dans plus de douze langues.
Ses romans de Ségou à En attendant la montée des eaux nous emmènent de l’empire malien aux villes et communes imaginaires de Guadeloupe, Cuba, Jamaïque ou du Panama pour aborder des questions sensibles de société. Fidèle à son image « d’auteure qui dérange », Maryse Condé aime « mettre en lumière ce que les gens aiment cacher » et se défend d’écrire des romans militants, même si elle se présentait aux élections régionales en 1992 sur la liste du parti  indépendantiste. Elle confiait à Françoise Pfaff dans une série d’entretiens paru chez Karthala en 1993 que ses personnages étaient « des anti-héros, des gens pas très sûrs d’eux et pas très sympathiques, pensant qu’il ne faille pas que les gens soient parfaits pour qu’on les aime. Ils sont ce qu’ils sont. »

Parmi les thèmes de prédilection de Maryse Condé, figurent les préjugés de couleurs, les conséquences de l’esclavage, les absurdités de nos sociétés et ses romans n’oublient jamais de parcourir notamment la Caraïbe des petites aux grandes Antilles avec toujours une mention au peuple haïtien.

Pour ces raisons et d’autres encore, Gens de la Caraïbe rendra hommage à Maryse Condé en 2011 et 2012 sur son site Internet. Nous réexplorerons ensemble son travail impressionnant et valoriserons des actions menées autour. »

Édouard Glissant, le Tout-monde à Saint-Laurent du Maroni

« Je devine peut-être qu’il n’y aura plus de culture sans toutes les cultures, plus de civilisation qui puisse être métropole des autres, plus de poète pour ignorer le mouvement de l’Histoire. » Soleil de la conscience, 1956.

Apéritif poétique en hommage à Édouard Glissant, soirée organisée par la compagnie KS and Co et la bibliothèque de Saint-Laurent du Maroni (Guyane), vendredi 11 février, 18h, à la case n°9 du camp de la transportation. Une compagnie imprégnée de l’œuvre d’Édouard Glissant, comme vécu au dernier festival d’Avignon :

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=25738Découvrez Festival d’Avignon Off 2010: Entretien avec Serge Abatucci sur Culturebox !

Édouard Glissant, départ de l’ami élégant d’Haïti (Dominique Batraville)

« Avec la mort d’Édouard Glissant, la littérature caribéenne perd un penseur de classe. Connu en Haïti comme poète, dramaturge, romancier et penseur, le défunt philosophe antillais dépasse les frontières de sa Martinique natale à cause de la puissance de son œuvre intellectuelle protéiforme.  » Lire la suite du texte de Dominique Batraville, poète, comédien et journaliste haïtien, dans Haïti Press Network.

Journée Émile Ollivier

Une journée d’étude de l’œuvre d’Émile Ollivier, le 11 février 2011, telle est la proposition de Lise Gauvin, universitaire québecoise, auteur d’un livre récent d’entretiens avec Édouard Glissant, L’imaginaire des langues (Gallimard, 2010).

Cette journée est préparée en collaboration avec le CRILCQ (Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises). Elle est présentée ainsi :

« Toute l’œuvre d’Émile Ollivier est tendue vers la traversée des frontières, les passages d’une culture à une autre, d’un lieu à un autre, dans un va-et-vient constant entre le connu et l’inconnu, la mémoire et la prospection. Intellectuel passionné par les questions d’identité et d’appartenance, d’exil et de nomadisme, il a toujours fait preuve d’une réflexion originale et nuancée. À ce titre, son œuvre nous apparaît aujourd’hui d’une grande actualité, lui qui n’a cessé de faire d’Haïti le centre autour duquel gravite l’ensemble de ses textes.
Émile Ollivier représente un destin exemplaire d’écrivain « migrant ». Cependant, celui qui a contribué à définir le concept même d’écriture migrante,  a aussi été le premier à le faire éclater. Le « schizophrène heureux » qui se disait Québécois le jour et Haïtien la nuit a voulu prendre des distances avec une certaine forme d’enfermement dans la condition d’écrivain migrant. »

Haïti, heure H

12 janvier en Haïti,
Douze et un mille travaux d’Hercule
Jour J, Heure H
Hadriana hachée
H, huitième lettre,
Colonnes en H
du marché de fer,
dit Hyppolite,
Debout,
Hommes-Kenbé-la !
Herculéenne tendresse
Hachures verticales
Horst de hâbleries héroïques
Rouges haillons haillonneux
Halètements d’enfants sans havre
Hapax, dit Depestre d’Haïti
et de son hiatus qui harponne de ses hardiesses
Hébétudes des humanitaires héliportés
Hep ! stoppent les feuilles d’herbes d’Haïti

qui hérissonnent, qui papillonnent

Houle hargneuse du monde vivant.

(photo Jordi Cohen)

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Pourquoi Haïti ? (Chantal Guy)

« Je n’ai pas envie de vous parler du 12 janvier parce que, depuis trois semaines, j’ai fait le plein d’autres images. La beauté, je l’ai vue partout sur mon chemin. Dans la vitalité formidable des Haïtiens, sans cesse en mouvement malgré le piétinement généralisé. En mangeant du lambi sur une route congestionnée sans autre lumière que celle des étoiles. Dans les tap-tap bondés où votre présence de Blanc suscite le fou rire. Dans les couleurs éclatantes des toiles d’art qui jurent contre les murs fissurés. »

Extrait de l’article de Chantal Guy, La Presse (Montréal)