Les Sans-dents, film poème sauvage

« Les Sans-dents », film de Pascal Rabaté, est un film poème sauvage, film fantasque aux personnages cros-magnons, ronchons et roublards, peuple d’une grotte cachée sous le fatras des déchets d’une ville indéterminée mais contemporaine, inframonde improbable.

Ces êtres sans langage articulé mais ô combien expressifs vivent la nuit volant les fils de cuivre et toute la modernité qu’ils découvrent alentours, comme ces toilettes et baignoires des maisons rêvées sur papier d’un prometteur lambda.

Ils en reviennent couverts de trésors, fêtés comme il se doit par la communauté, femmes, vieux parkinsonien ou adolescente enfant.

Le jour, ils transforment le cuivre en lingots qu’ils revendent contre des machines à laver, des écrans plats géants ou des poupées gonflables, et les rêves qui vont avec. Ils en détournent l’usage, les détruisent après ou les subliment.

Leurs loisirs n’ont nul besoin de camp. La nature comme la ville les environnent mais ne les emprisonnent jamais. Les policiers façon Deschiens en François Morel spectral sont marqués de stupeur et de stupidité. Eux aussi grognons sans parole audible. Ils sont le négatif des négatifs. Interprètes justes d’une déchéance joyeuse : Yolanda Moreau, Gustave Kervern, David Salles, etc.

Les sans-dents magnifiques meurent un jour. Les obsèques sont une fête à l’ami disparu, inventeur d’essences rares, obsèques grandioses comme ce film à la poésie enchanteresse.

Sur ce film, la critique est partagée. On la lira par ailleurs.

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