L’accent et l’anecdote

Au Québec, faire l’expérience de l’accent, dans un hôtel, au petit déjeuner, lorsqu’une personne s’adresse à vous et… vous ne la comprenez pas. Elle vous parle français, avec un aplomb banal, comme à un compatriote. Mais son parler vous est incompréhensible tant son accent vous empêche d’accéder au sens. Il faudrait qu’elle vous répète son propos. Mais vous êtes dans un tel état de sidération que vous ne pouvez lui demander de répéter.
Cette expérience d’un parler en français absolument incompréhensible dans le flux continu d’une parole est un trouble à la fois immense et anecdotique, de cette anecdote dont Walter Benjamin écrivait :
« L’anecdote est comme une révolte dans la rue. Elle nous rend les choses spatialement proches, elle les fait entrer dans notre vie », comme cité par Jean-Claude Bailly dans L’élargissement du poème (Christian Bourgois éditeur, col. ‘Détroits’, avril 2015).

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