En Haïti s’ouvre une Maison des Écrivains

Dans ce pays marqué par une culture irradiante, où Frankétienne est un « Trésor national vivant », où Dany Laferrière réussit à signer un millier de livres en une seule journée, où Port-Salut indique la voie [voir le documentaire Haïti, pays réel, pays rêvé], dans ce pays où l’une des rares valeurs toujours à la hausse à l’exportation est la culture et singulièrement la littérature, comme en a témoigné le dernier festival Étonnants voyageurs, en février 2012, il n’y a rien… d’étonnant à ce que la toute nouvelle Maison des Écrivains accueille des écrivains qui n’ont pas encore écrit. Les Ateliers du Jeudi, créés par Lyonel Trouillot, avaient déjà montré que la richesse littéraire de l’île ne se mesure pas aux seules signatures « bankables » à l’export. Cette nouvelle Maison est en premier lieu destinée au vivier interne, mais pas seulement, explique Emmelie Prophète dans Le Nouvelliste : « Elle recevra en résidence des auteurs d’Haïti comme de l’étranger, pourvu qu’ils, qu’elles, aient besoin d’un espace approprié pour entamer ou mener à bien un projet d’écriture. »

La Maison des Écrivains, résidence Georges Anglade, va être inaugurée ce vendredi 10 août  à Port-au-Prince (Haïti), avec ses premiers auteurs pour deux semaines de résidence. Ils sont huit et n’ont rien publié jusqu’alors. À l’initiative de cette résidence : le Centre Pen-Haïti, présidé par l’écrivain Jean-Euphèle Milcé (membres exécutifs : Pierre Buteau, Verly Dabel, Emmelie Prophète, Lyonel Trouillot).
« Tout le monde y est allé de son petit mot après le séisme du 12 janvier 2012 concernant la culture, répétant volontiers après Dany Laferrière, rajoutant aussi, comme ils pouvaient, que la culture aiderait le pays à se relever, écrit Emmelie Prophète, elle-même auteur d’une trilogie Le testament des solitudes, Le reste du temps et Impasse dignité (éd. Mémoire d’encrier à Montréal) et ancienne Directrice du livre. S’il n’y a pas eu énormément d’investissement de l’État dans le secteur, si la moyenne du mandat d’un ministre de la culture est de 8 mois, c’est l’un des rares secteurs, peut-être même le seul, malgré toutes sortes de difficultés, qui réussit à garder la tête hors de l’eau. C’est le secteur aussi d’où émergent des figures qui s’imposent comme modèles pour l’ensemble de la société.
Il était urgent de créer cet encrage [sic], ce lieu de création, de cohésion entre les écrivains, qu’ils viennent de Chambellan, de Grande Rivière du Nord ou de Petit-Goâve. »

La Maison des Écrivains, Résidence Georges Anglade abritera la permanence du Centre PEN Haïti. Georges Anglade, géographe et écrivain haïtien, spécialiste des lodyans (littérature orale haïtienne) était l’un des invités du festival Étonnants voyageurs prévu en janvier 2010, victime du séisme du 12 janvier.

« La Maison des écrivains, Résidence Georges Anglade, est la première résidence permanente d’auteurs de toute l’histoire d’Haïti. Toute l’année, des auteurs haïtiens, des ailleurs d’Haïti et étrangers, membres d’un des 140 centres PEN dans le monde, peuvent s’y installer pendant un certain temps pour entamer, avancer ou terminer un projet d’écriture », souligne Emmelie Prophète dans un second article du Nouvelliste, le 9 août 2012.

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