Pour faire passer une suspension à un croc de boucher, la posologie recommandée est l’administration de quelques haïkus… Et tout rentre dans l’ordre !

Ce petit livre édité par Picquier, présente une sélection de haïkus parmi les 2 500 que Sôseki (1867-1916) écrivit sous l’ère Meiji. Parmi ceux-ci, le tout premier du recueil :
Mon amour a la couleur de la nuit
Couleur des ténèbres
Que vient visiter la lune
ou celui-là :
Ombre sur l’herbe douce
Le rêve du chien endormi s’élève
Comme une brume légère
C’est un superbe petit ouvrage (dont malheureusement la reliure laisse les pages s’envoler au fil de la lecture) à la traduction assurée par Élisabeth Suetsugu, qui offre pour le prix d’un poche (8 €), de magnifiques reproductions de kakémonos (peintures pendues au mur).
L’occasion de fureter pour dénicher d’autres kakémonos qui bien qu’antérieurs à l’ère Meiji, pourraient sans doute convenir à Sôseki, telle cette Courtisane lisant un livre (artiste Anonyme, vers 1660, Kakémono, encre, couleurs et or sur soie, calligraphie de Moshio : » Qui êtes-vous galant homme? – Même si cette ébauche imparfaite représente un amant inconnu, les pinceaux espiègles laissent deviner votre visage. « ) :

