De la Bombe ! cette BD…

A lire : la BD de Drandov et Alarcon qui nous emmène dans le Sud algérien dans les années 60 et plus tard en Polynésie. Après plus de deux cents essais nucléaires, des victimes irradiées, des cobayes humains, des paroles officielles rassurantes, un Pierre Messmer, ministre des Armées du Général de Gaulle, ridicule sous sa douche de décontamination dans le désert ou tout juste débarqué de l’avion en Polynésie pour interdire des « maisons closes » pour les 7 000 hommes de troupe.

C’est une fois de plus la preuve que la BD est un formidable attrape-tout, qui sait capter les questions les plus graves, les plus sensibles. La BD donne une forme émouvante à ces portraits d’appelés, d’engagés, de cégétiste arabophone (planche ci-dessous) ou de pilotes d’hélicoptères croyants qui, au nom de leur foi, cessent tout engagement dans le nucléaire.

Et puis, comment rester insensible à cette jeune femme de vingt ans, fille d’une victime de la bombe du désert, demandant que l’Etat reconnaisse que son père est « mort pour la France », qualité qui lui sera refusée…

Ce qu’en dit Benoît Cassel de Planète BD :

« Le propos de l’album est certes à charge contre les essais nucléaires, mais pas forcément contre le nucléaire. Il souligne surtout la dissonance de discours entre la sphère scientifique, militaire et politique, autour d’une problématique commune (la panique général lors de l’essai sous-terrain de mai 62, en est l’exemple le plus frappant). Une solide étape vers un travail de mémoire nécessaire. »

Un commentaire

  1. Avatar de Inconnu

    ce n’est pas seulement la BD qui capte ou attrape tout, c’est aussi le temps, et le refus de la résignation. En reconnaissant que la BD « fixe » de telles situations sans les ensevelir dans la politisation. merci.

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