Vies-boomerangs

A lire : l’enquête d’Anne Diatkine dans Libération (6/03/10) sur les « revenants », les sans-papiers qui reviennent en France… sans-papiers.

Ainsi le témoignage d’Olivier Vythilingum, d’origine mauricienne, qui a réussi rassembler les 5 000 euros du passeur « qui a ses entrées partout dans le monde ».

Aujourd’hui « ce qui l’obsède, c’est l’ennui, ce pur passage du temps que rien ne vient troubler. Il ne lit pas, il attend. Il attend quoi ? Il ne sait plus. Il attrape parfois quelques rayons de lumière sur le seuil de l’immeuble, se carapate quand il voit un policier, travaillote quand il peut sur des chantiers (…) Il a rencontré une femme, sans-papiers également, une petite fille vient de naître. »

L’article rappelle les errances transfrontières du roman, prix Goncourt 2009, de Marie Ndiaye, Trois femmes puissantes (Galliamard) ou le livre de Kossi Efoui, justement intitulé Solo d’un revenant (Seuil). Lui se passe entièrement en Afrique, mais « le passé ne passe pas », dit l’auteur.

En psychologie, on parle « d’effet boomerang » pour ce qui produit un effet contraire à l’effet recherché. Esprons que ces sans-papiers, dont les écrivains et les journalistes sont plus à même de raconter les vagabondages mondialisés que la statistique, ne préfigurent pas les vies-boomerangs de demain.

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