Haïti : lodyans et lodyanseurs (Georges Anglade)

Je choisis le genre littéraire qui m’a fasciné avant même d’avoir 15 ans, la lodyans haïtienne, cette histoire racontée le soir, la littérature orale haïtienne de bonimenteur, consistant à mentir pour dire plus vrai que vrai. J’ai plongé très tôt dans ce genre littéraire avec en héritage un certain talent d’ailleurs venant de ma mère.
Je m’inscris donc dans la littérature haïtienne sur un angle seulement ; ma contribution à la lodyans.
Mes inspirations remontent à mon enfance et à mes rencontres avec d’excellents lodyanseurs. Il y a eu d’abord la gouvernante (Cétimène) quand j’étais petit – j’étais le quatrième de fratrie –, une raconteuse d’histoire exceptionnelle. Puis à 10-12 ans, je rencontre le grand raconteur d’histoires, Dieudonné, à Aquin (dans la province). Je fais la connaissance de Noémie Jean puis à 18-19 ans, alors que je suis un jeune professeur à Saint-Pierre, je suis moi-même raconteur d’histoires, mais cette passion n’a pas de débouché littéraire, car en français, la nouvelle courte n’a pas l’impact qu’elle peut avoir en anglais, allemand ou espagnol.
Extrait de l’entretien de Georges Anglade, invité d’Étonnants voyageurs Haïti 2010 et disparu dans le sésime du 12 janvier, propos recueillis par Thomas C. Spear, entretien disponible en version vidéo et en version écrite sur le site d’Île en île.

Dans la notice biographique de Georges Anglade, Françoise Naudillon précise :

« La lodyans doit être classée parmi les créations collectives haïtiennes les plus significatives que sont le Vodou, le créole, la commercialisation par madansara, le compagnonnage des jardins paysans, la peinture, le marronnage, la gaguère des combats de coqs, le carnaval etc. Et cette lodyans est le mode littéraire le plus généralisé, le plus populaire, le plus ancien aussi dans l’expression du romanesque de ce peuple profond tel qu’il s’exprime en son pays profond. » (Avant-propos, Blancs de mémoire)

Un commentaire

  1. Avatar de Inconnu

    La lodyans dont le passage de l’oral à l’écrit remonte au début du XXe siècle est un romanesque haïtien. C’est le genre narratif le plus populaire, et le plus ancien d’Haïti.
    Haïti a certes connu plusieurs genres littéraires au cours des échanges avec d’autres cultures, mais la lodyans reste le genre littéraire qui constitue son trait le plus spécifique. L’apport de Georges Anglande a ce genre liltteraire reste d’une grande importance. Il y a cinq grandes composantes qu’il definit en ces termes : La jouvence, la mosiaque, la minuature et la cadence. Ecrit par Carey pour le blog papalagi :

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