Place Stalingrad à Paris, sous le Magic mirror, joli chapiteau où la lumière défracte en lumens apaisés… deux écrivains, une rencontre de Paris en toutes lettres ce samedi de fin d’après-midi parisien humide. La parole est comme la lumière du lieu, apaisée. Saint-Nazaire est le point commun entre Jean Rolin (Un chien mort après lui, P.O.L) et Patrick Deville (Equatoria, Seuil).
J’aime bien la phrase de Deville. Elle développe une ampleur conforme a son souci de » chercher une forme » qui englobe plusieurs genres littéraires. Lui-même qui tient à la précision » roman » sur la page de couverture, aime travailler des » romans sans fiction » (bel oxymore) où il cherche à écrire » des vies en accéléré « . Parmi les extraits lus, gardons et notons celui-ci (dans le livre c’est la partie » en Algérie « , chapitre » dans les rues » :
C’est à l’extrémitié de la rue Didouche-Mourad qu’il conviendrait d’installer ce matériel cinématographique complexe que j’avais expérimenté en 97 sur l’avenue Simon-Bolivar de Managua, au Nicaragua, un système capable de restituer en accéléré l’ensemble chaotique des images du passé : un Romain taille la vigne sur ce qui est encore une colline très éloignée du port de Tipaza. Des cavaliers arabes conquérants fondent depuis Le Caire dans un nuage de poussière…
donc lire la suite p. 174.
