La création face à la langue de bois… beau sujet de philosophie ou de café littéraire. Quand il s’agit de l’appliquer à l’œuvre de Frankétienne, un colloque s’impose. Il était signalé ici le 18 mai dernier. Vous avez été patients, vous le méritiez : la réflexion de Marie-Edith Lenoble est dorénavant en ligne.

L’universitaire nous propose un texte d’une grande lisibilité, un belle analyse, que l’on verrait bien en préface ou postface de l’Oiseau schizophone, édité il y a dix ans cette année par Jean-Michel Place. A remarquer, en particulier, les « stratégies lingusitiques de résistance », que sont le collage ou » le retournement de l’euphémisme « . » À toutes les langues de bois, et à leur rigidité maladive, Frankétienne aura ainsi opposé une langue de feu, capable de les dévorer et de les réduire en cendre et ce faisant de produire un éclat incomparable. «
Introduction :
» Les discours d’un régime dictatorial, comme celui d’Haïti au temps des Duvalier, s’approprient la langue, les mots et les vocables, pour les mettre à son service. Face à une ou des langues totalitaires, comment le poète peut-il encore s’exprimer, vers quelle idée, vers quelles valeurs peut-il se tourner alors que tous les mots sont corrompus, toutes les phrases mensongères, toutes les déclarations vides de sens ? C’est à cette question que se confronte Frankétienne dans l’Oiseau Schizophone, œuvre indéfinissable, à la croisée du roman et du poème, « spirale » – dans le courant du spiralisme dont il est avec Jean-Claude Fignolé et René Philoctète l’un des chefs de file. Il développe une poétique de résistance où la quête esthétique devient une manière de lutter contre l’oppression des dictateurs aussi bien que contre une forme de fatalité qui semble frapper Haïti depuis près de deux siècles : la résignation, le renoncement… »
La suite sur le site du Rusca.
A lire aussi, du même auteur, Marie-Edith Lenoble, Frankétienne, maître du chaos, dans Trans, revue de littérature générale et comparée, n°6 : Ecriture et chaos.

bonjour,
je me permets de vous rappeler les rééditions de Dézafi et de l’Oiseau Schizophone aux Editions Vents d’ailleurs, avec des couvertures très esthétiques…
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