
Le musée du Quai-Branly a organisé, à Paris les 22 et 23 février 2008, un Symposium international sur la question des restes humains dans » l’objectif de clarifier les enjeux des débats essentiels suscités par la conservation des restes humains dans les musées, ainsi que d’esquisser les procédures concrètes susceptibles de réguler les conflits d’intérêts éventuels. «
Parmi les interventions, retenons celle de Seddon Bennington, directeur du musée Te Papa (Nouvelle-Zélande) :
» Il y a 20 ou 30 ans, les Maori considéraient que les musées néo-zélandais leur avaient volé leur culture. Cela a changé. Le musée Te Papa est d’ailleurs dirigé par un partenariat biculturel entre Maori et non-Maori (est intervenu la veille Edward Ellison, en charge du Conseil pour la rapatriement au musée Te Papa) . C’est une direction duelle.
En Nouvelle-Zélande, des excuses ont été faites aux Maori. C’est le mot essentiel pour une réconciliation. Le gouvernement appuie le programme de restitution. C’est une forme d’excuse illustrée par : » Nos ancêtres doivent rentrer chez eux. »
Te Papa reconnaît que les collections d’objets ne leur appartiennent pas. Nous sommes seulement les gardiens par le fait que les Maori nous donnent leur confiance. Te Papa est reconnu comme leader dans cette nouvelle muséologie, qui s’applique au niveau international.
Dans la médiation entre un musée détenteur d’un objet et nous, les mots » demande » ou » obligation » ne sont pas employés. C’est pour cette raison que nous ne sommes pas entrés dans le processus engagé par le Museum de Rouen [Papalagui, 23 et 28/10/07 ; 2 et 3/01/08 ]. Nous aimerions faciliter le retour des restes humains vers les gens qui y sont liés. Mais nous reconnaissons qu’il y a des cadres législatifs. Ce ne doit pas être déterminé par la loi mais pas la conscience, les sentiments, les émotions, le respect mutuel.
Te Papa se voit comme un facilitateur de voyage. Cela demande beaucoup de discussions entre institutions qui ont eu les restes depuis plus de deux cents ans. Nous sommes temporairement en charge des restes humains de ces différentes tribus. Nous sommes un élément de ce voyage. Les tribus décident de l’action responsable, comme l’ultime moment du retour. Il y a d’ailleurs différents points de vue au sein des tribus, notamment entre anciens et jeunes. Nous devons comprendre ces discussions qui relèvent de leurs prérogatives fondamentale, ce ne doit pas être déterminé par un musée.
Les musées ont un rôle à jouer dans la réconciliation post-coloniale. En Nouvelle-Zélande, la reconstruction a entraîné une forte confiance des Maori. Ce qui a eu une répercussion sur leur confiance en eux. «

Beaucoup de plaisir à la lecture de cet article.
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