
L’annonce par le gouvernement australien de prochaines excuses aux Aborigènes est l’occasion de lire ou relire le roman d’Alexis Wright, romancière métisse da talent, qui nous confiait lors d’une interview apprécier beaucoup Patrick Chamoiseau, aparté à méditer.
A sa parution dans sa version française en 2002, l’éditeur notait à propos des Plaines de l’espoir :
» Quelque part dans le Nord de l’Australie, une jeune Aborigène est un jour arrachée à sa mère pour, comme tant d’autres, être placée à l’orphelinat d’une mission religieuse qui se chargera de lui « blanchir » l’âme. Folle de douleur, la mère se suicide ; dès lors plane sur la mission une sorte de malédiction, symbolisée par l’inquiétante présence de corbeaux sur un arbre… Aussi visionnaire qu’engagé, Les Plaines de l’espoir est un roman total où rêve et action, fiction et témoignage s’unissent pour révéler ce qu’il en fut, aux antipodes, de dizaines de milliers d’enfants aborigènes enlevés à leurs familles dans l’espoir d’en faire des Blancs. Torrentueux et âpre, traversant les paysages hallucinogènes du bush ou la violence des mégapoles de l’Australie moderne, hanté à parts égales par l’actualité et par le mythe, Les Plaines de l’espoir dresse une stèle en mémoire d’un peuple pour que lui soit restitué le droit à l’avenir. »
Le roman prend tout son sel au vu de la dernièr annonce du Premier ministre australien Kevin Rudd… Il ouvrira la session parlementaire, le 13 février, par un discours d’excuses à la communauté aborigène, comme il s’y était engagé avant la victoire des travaillistes fin novembre. Le Premier ministre présentera des excuses à la « génération volée », qui désigne ces milliers d’enfants autochtones retirés de force jusqu’aux années 70 à leurs familles, pour être placés dans des institutions ou des foyers européens à des fins d’assimilation, a indiqué la ministre des Affaires indigènes, Jenny Macklin. « C’est une première étape, nécessaire, pour avancer », a indiqué Mme Macklin. « Les excuses seront présentées au nom du gouvernement australien et ne veulent désigner aucun coupable parmi la génération actuelle du peuple australien ».
L’ex-Premier ministre libéral, John Howard, au pouvoir de 1996 à novembre 2007, s’était toujours opposé à une telle démarche. La population aborigène représente 455 000 personnes soit 2% de la population australienne totale. Marginalisés et défavorisés, les Aborigènes ont une espérance de vie inférieure de 17 ans à celle d’un Australien non-aborigène.
Début janvier, Mme Macklin avait exclu que ces excuses s’accompagnent d’indemnisations financières, comme le réclament certains leaders aborigènes. Le directeur du Centre aborigène de Tamanie, Michael Mansell, avait souhaité que le gouvernement octroie un milliard de dollars australiens (780 millions dollars US) à un fonds destiné aux 13 000 aborigènes, qui ont été enlevés à leurs familles, pendant 40 années. (avec AFP)
