L’ennui, le banal, la bêtise et le vulgaire

L’ennui aux XIXe et XXe siècles sera le thème d’un colloque international à l’université Paris 1 Sorbonne les 29, 30 novembre et 1er décembre. Le Centre de recherches en histoire du XIXe siècle propose, entre autres, des questions alléchantes : Entre ennui et fatigue : la nostalgie pendant la colonisation de l’Algérie 1830-1851 ; L’ennui à l’atelier et à l’usine : Discours ouvriers sur « ces jours [qui] passent, immenses » ; L’ennui dans les gares ; L’ennui dans les grands ensembles ; Le coaching en entreprise. Une professionnalisation des stratégies d’évitement de l’ennui ; etc.

Le banal ou plutôt Le culte du banal est le titre d’un livre de François Jost. Sous-titré : De Duchamp à la télé-réalité, il est publié par les éditions du CNRS, qui nous écrivent en forme de résumé :

 » La télé-réalité est-elle devenue la réalité ? Et les ultimes avatars de l’art contemporain le degré zéro de la banalité ? Ou plutôt, entre l’un et l’autre, n’y a-t-il pas eu toujours ambiguïté ? Duchamp, Warhol ou Perec, icones de la modernité, n’ont-ils pas été les chantres de l’ordinaire, du quotidien, du banal ? Et n’est-ce pas Barthes en son temps qui a mis à mort la notion d’auteur ? Comment le culte du banal qui fut, jadis, à la pointe du combat contre l’institution s’est-il dilué dans nos petits écrans ? « 

Autre éditeur à s’intéresser à l’envers du décor, Stock publie deux essais dont les auteurs sont réunis le 27 novembre à la Villa Gillet autour de l’affirmation sans ambages :  » Bêtise et vulgarité : symptômes du monde moderne « .

Belinda Cannone écrit La bêtise s’améliore et son éditeur :  » Nous avons tous constaté que bien des gens dont nous respectons l’intelligence s’en servent… bêtement. Camus ne disait-il pas qu’il y a deux sortes d’intelligences, l’intelligence intelligente et l’intelligence bête ? Cette dernière produit une pensée uniformisée dont nous voyons les traces partout. Mais il n’est pas si facile de décrire ce phénomène de conformisme dans sa version actuelle.  »

Limite vulgaire est le titre du livre écrit par Hélène Sirven et Philippe Trétiak, présenté ainsi par leur éditeur :

 » Le spectre de la vulgarité hante le monde. Chaque jour elle étend son pouvoir. Virus moderne, elle contamine et se répand. Médias, sexe, politique, comportements sociaux, art, pub et mode… Tout semble céder à la provocation, à l’outrance, à la confusion, au trash. Plus c’est laid, plus c’est direct, plus c’est violent, plus ça marche. Mieux, ça court. Est-il un jour où l’on ne se répugne pas soi-même d’être de ce monde-là ? Sommes-nous tous condamnés à la vulgarité ?

Philippe Trétiack est grand reporter au magazine Elle et écrivain.

Hélène Sirven est maître de conférences à l’université Paris-I, spécialiste en anthropologie exotique et contemporaine.

L’ennui, le banal, la bêtise, le vulgaire, vus par des universitaires, c’est passionnant ! comme si les déclinologues en économie (Nicolas Baverez, Le France qui tombe, Perrin, 2004) avaient fait des émules.

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