Un SILO de livres océaniens

Le SILO a ouvert à Hienghène, Province Nord de Nouvelle-Calédonie. Un silo est un réservoir à céréales. On dit mettre en silo par exemple. Ce Salon international du livre océanien a de quoi nous enchanter… et d’être un beau réservoir à livres, échanges, lectures… Coetzee, le prix Nobel notamment, avec les auteurs du Caillou, du Fenua et des Nouvelles-Galles du Sud.

Ce qu’en disent Les Nouvelles calédoniennes (Anne-Sophie Douet) :

Ils viennent de Maré, d’Australie, du Samoa ou de Tahiti. Couchent sur le papier romans, nouvelles ou poèmes fortement imprégnés d’insularité. (…)

C’est l’un des rares événements d’envergure internationale organisé en Brousse, qui plus est dans le Nord. Déwé Gorodey, vice-présidente du gouvernement chargée de la culture, l’a voulu ainsi. Les deux premières éditions du Silo (Salon international du livre océanien), en 2003 et 2005, ont trouvé leur public et créé du lien entre auteurs francophones du Pacifique et lecteurs. Cette année, seul le décor change. Exit Poindimié, bonjour Hienghène. L’essentiel du salon se déroulera dans la salle omnisport de la commune, tandis que le Centre culturel accueillera, lui, les animations en soirée (projections de films, contes, théâtre…).

Les auteurs présents sur le salon incarnent tous la littérature contemporaine océanienne, celle dont l’écrivain Anne Bihan dit qu’elle est « marquée par la question de la place de l’autre ». Solange Paillandi, responsable des animations à
la bibliothèque Bernheim, s’est chargée d’inviter les auteurs. Pour une pointure connue internationalement comme John Coetzee, prix Nobel de littérature 2003, elle a dû compter sur le carnet d’adresses d’une universitaire, Sonia Faessel. C’est par son truchement que l’auteur de Disgrâce a pu être contacté.

DisgrâceSolange Paillandi s’en réjouit, elle qui reste marquée par « l’ambiance, les mots lourds, chargés d’histoire » du Sud-africain. A la suite de John Coetzee, une trentaine d’auteurs investiront le salon. Parmi eux, plusieurs ne sont pas des nouveaux venus. Philippe Mc Laren par exemple. Depuis son dernier passage au Silo, l’auteur aborigène a publié, une traduction française d’Utopia, aux éditions calédoniennes Traversées.

 

C’est là un autre temps fort du salon. Permettre des rencontres entre auteurs et éditeurs d’horizons divers, qui débouchent, parfois, sur des collaborations. Anne Bihan, de tous les Silo depuis 2003, y a, elle, gagné une nouvelle amitié. Elle a gardé contact avec
la Tahitienne Chantal Spitz, rencontrée à Poindimié. D’autres, tels
Claudine Jacques ou Claude Maillaud, profitent du salon pour présenter leur dernier-né. « Le Silo, c’est un tremplin utile, reconnaît le second, auteur d’un Guide de la faune marine dangereuse d’Océanie tout juste sorti de l’imprimerie. Mais j’apprécie aussi les rencontres avec les collègues. J’attends particulièrement de rencontrer Shane Maloney, un auteur de polar australien », s’impatiente l’écrivain. Des auteurs enthousiastes, donc. Mais le public
? Anne Bihan se souvient d’une « belle surprise la première année. Les gens étaient là, ils feuilletaient les livres. On sentait une vraie attente. » Et pour conquérir de nouveaux curieux, le Silo 2007 a mis l’accent sur l’oralité, avec ce thème, « Haute voix ». Le 3 novembre, Paul Wamo, parrain du concours du slam organisé récemment, donnera de la voix dans les grottes de Lindéralique. Puis ce sera le tour du lauréat du concours, Laurent Ottogalli. Après eux, « tous ceux qui souhaitent prendre le micro et improviser un slam sont les bienvenus », indique Solange Paillandi. Dans le même esprit, des comédiens des compagnies Les Quidams et Les Enfants Migrateurs se lanceront dans des lectures de textes. Un autre moment d’oralité sera assuré par Hassane Kouyaté, conteur africain descendant d’une famille de griots.
En laissant, ainsi, une grande place « au slam, à la déclamation », les organisateurs entendent attirer un public plus jeune, pour mieux le sensibiliser ensuite à la chose écrite. « Même si l’on tient à nos littéraires purs », sourit Solange Paillandi.

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