Prenez un petit cochon, élevez-le tendrement dans votre appartement en fermant portes et fenêtres pour que les voisins ne sentent pas cette présence proscrite… L’intrigue est propice au théâtre de l’absurde sur fond de message politique du Cubain Alberto Pedro Torriente, que la compagnie des Corps beaux présente à Avignon dans le Off.
Basée en Martinique, composée de Cubains et de Martiniquais, la toute jeune troupe a présenté un spectacle digne, loufoque, inventif, où l’animal vit en appartement, alors que les humains sortent des frigos.
« A Cuba, les frigos sont de véritables fossiles vivants », nous dit le scénographe Ludwin Lopez. Lui-même a connu sa grand-même qui élevait des cochons dans son petit appartement.
Avec le théâtre cubain, la Martinique peut sortir des sentiers battus, délaisser un temps la mémoire enchaînée pour inventer un art caraïbe aux prises avec le réel, l’irréel, le grotesque du quotidien… Les Martriniquais peuvent être fiers de leurs Cubains, capables de s’arranger avec les objets, réinventés. Au pays de l’éphémère permanent, la pénurie, vue par les créateurs devient source de fraternité.
