Tchak, un livre qui guérit avec les mots

Livre majeur qui n’est pas à mettre entre les mains des mineurs, Le Paradis des chiots de

Sami Tchak raconte la vie quotidienne des gamins des rues d’Amérique latine, dont la capitale d’un pays imaginaire porte le nom d’Eldorado. Livre majeur où le style impose sa vivacité, sa vigueur et sa générosité humaine une vie hors norme, miséreuse mais trépidante, dans l’ornière et la fange des caniveaux mais dans la seule joie d’exister.

Eldorado est la capitale, « El Paraíso », le Paradis, un vaste bidonville où « la mort et les maladies se sont installées en reine ».

C’est Ernesto qui raconte, souffre-douleur de Rikki, avec sa grosse tête et sa bouche large comme une carpe morte. : « Moi Ernesto plus pleutre qu’un agneau ».

Mais plus fort que Rikki, il y a Juanito, protecteur d’Ernesto.

C’est Linda qui raconte l’ambiance de La planète des gamines, un bar pourri, pourtant « un bar à te faire dire tous tes rêves. » Linda qui dit : « je suis née adulte ». Laura dans laquelle « les garçons adorent barboter dedans ».

Livre majeur où les mineurs parlent sexe crûment, sans vergogne ni déraison.

Cette atmosphère hybride où se côtoient le glauque et le simple petit bonheur d’exister est ce que tisse avec talent

Sami Tchak, un sociologue d’origine togolaise qui écrit aussi des livres de sociologie. Mais là, chapeau ! C’est pas de la socio… Comme le dit l’un des jeunes narrateurs, Le Paradis des chiots (Le Mercure de France) c’est « un livre qui pourrait guérir par les mots ». Si les gamins des rues pouvaient lire.

2 commentaires

  1. Avatar de Inconnu

    Merci pour Sami, un livre majeur en effet, qui n’a rien à voir de la socio, ah surtout pas, je regrette même qu’on évoque encore dans les bio de Sami sa formation de sociologue ou d’anthropologue, ça fait longtemps qu’il a démontré qu’il est un schizophrène serein. Merci!

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