Sélection Goncourt 2008 (3e et dernière sélection)

Il reste quatre titres en lice pour le Goncourt 2008, qui sera décerné lundi 10 novembre :    
Jean-Baptiste Del Amo : « Une éducation libertine » (Gallimard)
Jean-Marie Blas de Roblès : « Là où les tigres sont chez eux » (Zulma)
Michel Le Bris : « La beauté du monde » (Grasset)
Atiq Rahimi : « Syngué Sabour » (POL)
    
et cinq titres pour le Renaudot, qui sera décerné en même temps que le Goncourt :
Salim Bachi : « Le silence de Mahomet » (Gallimard)
Tierno Monénembo : « Le roi de Kahel » (Le Seuil)
Olivier Poivre d’Arvor : « Le voyage du fils » (Grasset)
Olivier Rolin : « Un chasseur de lions » (Le Seuil)
Elie Wiesel : « Le cas Sonderberg » (Grasset)
        
 

Les Tigres dévorent les prix

Le prix Médicis 2008 du roman a été attribué à Jean-Marie Blas de Roblès pour Là où les tigres sont chez eux (éditions Zulma). Après le prix du roman Fnac et le prix du jury Giono, Blas de Roblès est également en course pour le prix du Roman France Télévisions (vendredi 7) et pour le Goncourt (lundi 10).
Le prix Médicis 2008 du roman étranger a été attribué à l’écrivain suisse de langue allemande Alain Claude Sulzer, 53 ans pour Un garçon parfait (Jacqueline Chambon), ouvrage sur le thème de l’homosexualité, le premier roman de l’auteur traduit en français.
Le prix Médicis de l’essai a été attribué à Cécile Guilbert pour Warhol spirit publié chez Grasset.

982 haïkus et moi, et moi, et moi

Depuis Nouméa, Le Cri du cagou nous informe par la plume de Denis Lemouton du nombre record de haïkus – 982 poèmes – qui ont concouru au Pilou des mots [Papalagui du 7/10/08], organisé lors du 1er Forum francophone du Pacifique, qui s’est terminé samedi et dont Anne Bihan nous a dressé chronique ici .

Chaque participants à ce concours avait droit à trois haïkus au maximum.

Des 24 poèmes lauréats, citons par exemple :

Un kaori, tout droit / Et mon âme inclinée / Jusqu’à terre. (Lina Guerra, pseudo d’une auteure locale bien connue…)

Archipels épars, / Cultures boomerang, / Avenir commun ? (Samir Bouhadjadj)

Sur l’océan bleu, / L’alizé crée des moutons, / Ma vahiné rit. (Michel Fougère), etc.

Bravo aux lauréats… et à cette corne d’abondance de 982 haïkus qui nous donnent l’envie de nous replonger dans les Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau, un hypertexte de poésie combinatoire.

Dans la préface de son livre-objet, Raymond Queneau écrivait en 1961 « Ce petit ouvrage permet à tout un chacun de composer à volonté cent mille milliards de sonnets, tous réguliers bien entendu. C’est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité ; il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cents millions d’années (en lisant vingt-quatre heures sur vingt-quatre) ».

(le sonnet régulier : deux quatrains suivis de deux tercets, soit quatorze vers.)

Avec cet ensemble de 982 haïkus, on peut rêver à la combinaison d’une poésie calédonienne que l’on pourrait produire… Commençons par les 24 haïkus lauréats, combinons-les à satiété… ou chantons avec Jacques Dutronc, de ce côté-ci du monde :

Cinq cents milliards de petits Martiens
Et moi, et moi, et moi
Comme un con de Parisien
J’attends mon chèque de fin de mois
J’y pense et puis j’oublie
C’est la vie, c’est la vie

Sélection du prix Décembre 2008

Au choix du jury : Mathias Enard, auteur de Zone (Actes Sud) également sur la liste du prix France Télévisions, Tristan Garcia, pour La meilleure part des hommes (Gallimard), en lice pour le Médicis et le Flore, et Denis Podalydès, auteur de Voix off (Mercure de France), sont dans la dernière liste du prix Décembre.

Le prix Décembre sera attribué le 12 novembre, dit-on.

Sélection du prix Médicis 2008

Qui sera lauréat ? Réponse le 5 novembre.

Domaine français
La plage de Trouville, Carole Achache (Stock)
C’était notre terre, Mathieu Belezi (Albin Michel)
Là où les tigres sont chez eux, Jean-Marie Blas de Roblès (Zulma)
Ce que nous avons eu de meilleur, Jean-Paul Enthoven (Grasset)
La meilleure part des hommes, Tristan Garcia (Gallimard)
Disparition d’un chien, Catherine Lépront (Le Seuil)
La traversée du Mozambique par temps calme, Patrice Pluyette (Le Seuil)
Un chasseur de lions, Olivier Rolin (Le Seuil)

Domaine étranger

Sur la plage de Chesil, Ian McEwan (Gallimard)
Le soleil se couche à Sao Paulo, Bernardo Carvalho (Métailié)
Chaos calme, Sandro Veronesi (Grasset)
Contre-jour, Thomas Pynchon (Le Seuil)
L’homme qui tombe, Don DeLillo (Actes Sud)
Melnitz, Charles Lewinsky (Grasset)
La chute de Troie, Peter Ackroyd (Philippe Rey)
Un garçon parfait, Alain Claude Sulzer (Jacqueline Chambon)
L’état des lieux
, Richard Ford (L’Olivier)
Arbre de fumée, Denis Johnson (Christian Bourgois)

Essais
L’infant de Parme, Elisabeth Badinter (Fayard)
Promenades sur la lune, Maxime Cohen (Grasset)
L’harmonie des plaisirs, Alain Corbin (Perrin)
Sans offenser le genre humain, Elisabeth de Fontenay (Albin Michel)
Warhol spirit, Cécile Guilbert (Grasset)
Crack, Tristan Jordis (Le Seuil)
Le jour où mon père s’est tu, Virginie Linhart (Le Seuil)
Les inachevées, Isabelle Miller (Le Seuil)
Voix off, Denis Podalydès (Mercure de France)
Le grand dérèglement, Patrick Wald Lasowski (Gallimard).

Giono au Brésil

Vous n’allez pas couper à un laïus sur ce roman des romans, Là où les tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès, qui vient de remporter un nouveau prix. Après le prix du roman Fnac [Papalagui, 01/09/08], le jury du prix Jean Giono lui a décerné sa palme à l’unanimité… un prix décerné à un  » roman, récit ou recueil de nouvelles, faisant une large place à l’imagination dans l’esprit de Jean Giono et révélant un vrai talent de raconteur d’histoires ”.

Le jury, présidé par M. Pierre Bergé, est composé de Sylvie Giono-Durbet, Françoise Chandernagor de l’Académie Goncourt, Paule Constant du Prix Femina, Dutourd de l’Académie française, Gilles Lapouge, Claude Mourthé, Erik Orsenna de l’Académie fran­çaise, Pierre Pain, Franco-Maria Ricci, Pierre Rudin, Yves Simon et Frédéric Vitoux de l’Académie française.

Là où les tigres sont chez eux figure dans la 2e sélection du Prix Goncourt, la 1re sélection du Prix Médicis, du Prix Wepler et du Prix France Télévisions.

Nobel, belle gueule, belle œuvre, bravo Le Clézio !

L’homme qui écrit ses racines nomades depuis une cinquantaine de romans a décroché le Nobel de littérature. Il dit son errance à l’empan du monde avec des mots simples, de sa voix apaisée, au cillement aérien, mais aux calmes certitudes dès qu’il s’agit d’écrit, plaisir nécessaire, pour lui, pour nous. Il a su tisser et retisser ses liens de famille aux écartèlements majestueux, Bretagne, Maurice, breton, créole, marrons et autres histoires, Londres, anglais, Nice, Etats-Unis, Mexique, espagnol, Indiens, attrapeurs de rêves, Panama, Vanuatu, bichelamar, Nouvelle-Calédonie de hauts parlers kanaks, Nigéria, Afrique, Corée.

Jean-Marie Gustave Le Clézio ne clôt rien du monde ; arpenteur-raconteur-tenants-et-aboutissants, géant guerrier comme l’araignée fragile en sa toile, en son royaume de textes, prisonnière de son espérance, de son doute, effleurant des nœuds d’imaginaires, réseaux de substance morale, rêves de peuples premiers, enfance ô combien fécondante, père d’Afrique, mère musicienne, ritournelle de la faim.

Nobel, belle gueule, belle œuvre, bravo Le Clézio !

Un Le Clézio qu’on pouvait croire au courant de la bonne nouvelle, avant l’heure, quand il fut reçu à France-Inter, par Vincent Josse, dans la matinée :

Sélection Goncourt 2008 (2e sélection)

L’Académie Goncourt  annonce aujourd’hui sa deuxième sélection pour son prix qui doit être attribué le 10 novembre.                       

Jean-Baptiste Del Amo : Une éducation libertine (Gallimard)           

Christophe Bataille : Le rêve de Machiavel (Grasset)           

Jean-Marie Blas de Roblès : Là où les tigres sont chez eux (Zulma)           

Catherine Cusset : Un brillant avenir (Gallimard)           

Jean-Louis Fournier : Où on va, papa ? (Stock)           

Alain Jaubert : Une nuit à Pompéi (Gallimard)           

Michel Le Bris : La beauté du monde (Grasset)           

Atiq Rahimi : Syngué Sabour (POL)           

Olivier Rolin : Un chasseur de lions (Le Seuil).           

La troisième sélection du Goncourt  doit être diffusée le 21 octobre. Les candidats au Goncourt  passent de 15 à 9 dans cette deuxième sélection, avec notamment la disparition de Catherine Millet (Jour de souffrance) et Mathieu Belezi (C’était notre terre). (voir la 1ère sélection ici.)