Un père, son fils, assis.
La main du père mendie, la main du fils salue
et sourit
Un père, son fils, assis.
La main du père mendie, la main du fils salue
et sourit
Tropaire, hymne orthodoxe
haïku, poème japonais
ci-gît l’hapax
Dans le métro, un homme
s’échine sur sa tambouille de chili
cuillère de couvercle plié
Thé renversé –
sur la table une pluie
d’archipels
France-Brésil se finit –
dans les tribunes est brandi
un drapeau d’Haïti
Surfer sur la vitalité
tout l’hiver, dit la pub du métro
et après ?
Rue des Fossés Saint-Paul
là où habita Glissant –
havre de théâtre
Un piano jazze
un texte de Kwahulé –
cadeaux de mots
Coquer, ce cri créole
fait la nique au bon goût,
sans coquetterie
Vieille connaissance –
soif de toute qualité d’idiomes
langues déliées
« Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui – sans parole aucune – se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à un ami. »
Dans la jarre d’eau flotte
Une fourmi
Sans ombre
Seishi,
cité par Maurice Coyaud en épigraphe de sa magnifique anthologie-promenade « Fourmis sans ombre, Le livre du haïku », Phébus, coll. libretto

L’enfant migrant
son périple, son péril
ligne de vie