Haïti : un appel de l’association Aide aux enfants d’Haïti

 Appel d’urgence séisme en Haïti, survenu le 12 janvier 2010, par Jean-Claude Fignolé, maire des Abricots

300 ans d’histoire nous lient à ce peuple qui a été délaissé de nombreuses années ! Un des Pays les plus pauvres du monde ! De nombreux cyclones ont déjà dévastés ce beau pays et ce peuple chaleureux, déjà des milliers de morts, un grand désarroi !
Aujourd’hui malheureusement, à cause de ce séisme, le monde entier va enfin savoir que ce peuple  a besoin de nous, plus que jamais et pour de nombreuses années !
Nous avons besoin de vous, pour nous soutenir à trouver les moyens de les aider à reconstruire leur vie, leur pays et à survivre dans le temps.

Merci à vous, ne les oubliez pas…
Tous les dons sont déductibles des impôts à hauteur de 75 % de la somme versée.

AEH, quartier Carcaille – 26300 Chatuzange Le Goubet. Aide.aux.Enfants.Haiti@wanadoo.fr

Haïti : un appel de l’association culturelle Monique Calixte

SOUTENEZ LE PEUPLE HAITIEN !
Le tremblement de terre qui a frappé Haïti a eu des conséquences dramatiques pour les Haïtiennes et les Haïtiens. Ces conséquences ont été démultipliées du fait de la fragilité et de la dépendance de la société haïtienne. Dans l’immédiat, l’urgence commande de sauver les blessés et de répondre aux besoins immédiats de la population. Dès aujourd’hui, il faut aussi préparer l’avenir en inscrivant les actions d’urgence dans la reconstruction et dans la perspective d’une société plus juste et solidaire. La priorité est de renforcer la société civile haïtienne à travers les associations de solidarité qui ont fait leurs preuves. Nous appelons tous ceux qui veulent soutenir le peuple haïtien de soutenir par tous les moyens les associations dont vous avez pu avoir connaissance et de préférence celles avec lesquelles vous avez travaillé.
Notre association, l’Association Monique Calixte (AMC) travaille pour sa part avec la Fondation FOKAL présentée ci-dessous.
Aujourd’hui, le tremblement de terre a épargné le siège de FOKAL avenue Christophe. Celui-ci est transformé en centre d’accueil, d’information et de solidarité. 500 personnes y ont trouvé refuge. Les membres de Fokal se dépensent nuit et jour pour venir en aide à ces personnes et en même temps pour organiser la remise en fonctionnement de certains services. Nous sommes en relation constante avec les responsables de FOKAL par échanges d’e-mails et nous suivons leurs actions et leurs demandes. Nous avons déjà pu confier de l’argent et des médicaments à Raoul Peck (cinéaste, ancien ministre de la culture d’Haïti) parti le 16 janvier à Port-au-Prince. Nous continuons à collecter des fonds pour l’immédiat et des propositions pour la suite.
Toute aide à toutes les associations de terrain et à des réseaux de proximité est la bienvenue.  L’AMC  concentre ses efforts sur le soutien à FOKAL dont nous savons qu’elle est à pied d’œuvre et que nombre d’Haïtiens peuvent compter sur elle. Mais d’autres associations et ONG haïtiennes peuvent être destinataires de votre soutien si vous en connaissez. Il faut se situer à la fois dans le présent et dans le futur proche ; répondre à l’urgence et engager la reconstruction.
Association Monique Calixte. 18 janvier 2010

FOKAL (Fondation Connaissance et liberté) et L’AMC (Association Monique Calixte)

L’association Monique Calixte, AMC, a été créée en 1995 dans le but de contribuer à l’ouverture d’une bibliothèque associative en Haïti, en hommage à Monique Calixte qui venait de mourir. La bibliothèque Monique Calixte a effectivement vu le jour en 1996, avec le concours actif de Michèle Pierre Louis qui avait créé deux ans auparavant la FOKAL, Fondation Connaissance et Liberté avec l’appui de OSI (Open Society Institute fondé par George Soros). Depuis 1996, l’AMC soutient la BMC en organisant différentes manifestations dont les rentrées financières, modestes, sont régulièrement envoyées en Haïti et ont permis l’achat de livres, d’ordinateurs et d’autres outils du développement culturel auquel la FOKAL se consacre.
Fokal a déployé une intense activité, non seulement autour de la lecture (réseau de 50 bibliothèques de proximité dans le pays, formation des animateurs des bibliothèques et apport de ressources financières) mais dans le domaine de l’éducation (écoles Tipa Tipa) et du développement économique local (coopératives de producteurs agricoles et artisanaux). FOKAL a développé un partenariat avec le GRET Haïti (appuyé par le GRET France) pour favoriser l’accès à l’eau et la gestion associative des bornes fontaines dans les quartiers populaires. Récemment la FOKAL a engagé un projet de création d’un parc botanique et d’amélioration d’une vaste zone d’habitat spontané dans le secteur périphérique et défavorisé de Martissant à Port-au-Prince.
www.fokal.org

Adressez vos dons à : ASSOCIATION MONIQUE CALIXTE, 10 rue de l’Arcade. 94220 Charenton le Pont

Camus l’Algérien

La camunania envahit les ondes radiophoniques en ce jour du cinquantenaire de la mort de l’écrivain, un lundi 4 janvier 1960. France-Inter a ouvert la première l’antenne à 01h00 ce matin avec Alain Vircondelet et « l’humanité vibrante » de Camus l’Algérien.

Parmi les regards portés sur l’œuvre de Camus, notons ce qui suit dans la riche programmation de France-Culture et France-Inter en ce jour anniversaire : la présence de Benjamin Stora, auteur de Les guerres sans fin chez Stock, à France-Culture à partir de 7h et les émissions avec Maïssa Bey (Camus et les masques, France-Culture, 22h15, Hors-champs de Laure Adler) et Amazigh Kateb, fils de Kateb Yacine (Le regard des Algériens sur Camus, reportage de Philippe Reltien, France-Inter, 18h15, Et pourtant elle tourne, de J.M. Four.

Notons également à 9h35 sur France-Inter, Que représente Albert Camus pour les jeunes ? avec l’équipe du Bondy Blog, dans l’émission Comme on nous parle, d’Ali Rebeihi.

L’Étranger en 54 langues, 4 millions d’exemplaires au Japon

« Manman mwen mouri jodi a. Se dwe yè pito. Mwen pa konnen. Mwen resevwa yon telegram Azil la : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Bagay sa pa vle anyen. Siman se yè vrèman. »
(En français : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. »)
Etranje ! traduction de Guy Junior Régis, est édité par les Presses nationales d’Haïti. C’est l’une des 54 langues de traduction de L’Étranger nous apprend Le Dictionnaire Albert Camus, dirigé par Jeanyves Guérin, parmi lesquelles, outre le créole ou l’arabe, l’asturien, le basque, le khmer, le malgache, le népalais, l’occitan, l’oriya (langue d’Inde), le sinhala (langue du Sri Lanka). En cours une version en arabe algérien par Akram Belkaïd.

En France, avec 6,7 millions d’exemplaires, L’Étranger est le premier livre par ses ventes. Au Japon, il ne s’est vendu qu’à… 4 millions d’exemplaires ! (p. 754 du Dictionnaire Camus).

Franck Pavloff : « le monde est illisible »

Comment reconstruire après guerre un pont historique fait d’une seule arche, où bois et pierre sont alliés, quand les mémoires sont à vif, les haines recuites et les cris des femmes étouffés ?
Sous son apparent réalisme Le pont de Ran-Mositar de Franck Pavloff est le conte cruel de l’homme seul, mystérieux mais de grande noblesse, dans un « monde illisible », thème qu’il développera avec le même talent dans son tout dernier roman Le grand exil.

Franck Pavloff est l’auteur du célèbre Matin brun, allégorie du fascisme étudiée dans les collèges et lycées.

Sortie en poche de  » La condition noire « 

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Un détail de la très belle oeuvre de Gérard Fromanger, Rue de la mer, série  » Le désir est partout « , a été choisi pour la couverture de l’un des essais qui ont marqué l’année dernière : La condition noire de Pap Ndiaye, essai sur une minorité française, sort en poche en Folio ce 10 septembre.

Ce (jeune) travailleur noir, en train de balayer, est traversé par une ligne de couleurs,  » couleur  » au pluriel. La force paradoxale du tableau convient parfaitement au travail de Pap Ndiaye.

Présenté par les éditions Gallimard comme  » le travail fondateur des black studies à la française « , il déploie un travail de terrain sociologique et une analyse anthropologique du fait noir en France. Intéressant par ses réflexions comparées France / Etats-Unis, le livre de Pap Ndiaye est un instrument de référence incontournable pour penser la question noire en France.

Ecrit avant l’avènement d’Obama aux Etats-Unis, cet essai sert d’appui théorique et de mise en situation des questions de la vie quotidienne, que l’auteur place en têtes de chapitres, par exemple :

Pourquoi l’invisibilité des Noirs dans l’histoire et les sciences sociales françaises ?

La mesure du colorisme

Vers une histoire des populations noires de France

Le tirailleur et le sauvageon : les répertoires du racisme anti-noir

Y a-t-il un racisme anti-blanc ?

L’utilité de la mesure des discriminations

La cause noire : des formes de solidarité entre Noirs.

Précisons que la préface de Marie Ndiaye, la soeur de l’auteur, est une nouvelle de toute beauté, intitulée Les soeurs.

Neufs

Pas très académique la pub. littéraire de la « Une » du Monde des Livres du 17/04/09 : Les neufs consciences du Malfini. C’est le Malfini qui a frappé ou la pub n’est-elle pas soumise à correction ? Rien de neuf en somme.

Zweig, amer délice

A lire comme une bonne madeleine de souvenirs amoureux, nostalgiques, littéraires, ce roman de Stefan Zweig, oublié jusqu’alors dans un grenier, Le voyage dans le passé, que publie Grasset dans la traduction de Baptiste Touverey.

C’est une grosse nouvelle où l’auteur de La confusion des sentiments, de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme et de La Pitié dangereuse, traite avec la finesse psychologique qui est la sienne de la merveilleuse question : l’amour peut-il surmonter une guerre mondiale, neuf années de séparation et le travail du temps ?

Ce Voyage dans le passé emporte son lecteur à la recherche du temps perdu, inexorablement.

De qui Le Clézio est-il le frère, le fils ?

Extrait du discours, Dans la forêt des paradoxes, de Jean-Marie G. Le Clézio, recevant le Prix Nobel de littérature, ce jour, dédiant sa récompense à son panthéon fraternel :

« C’est à elle, Elvira, que j’adresse cet éloge – à elle que je dédie ce Prix que l’Académie de Suède me remet. À elle, et à tous ces écrivains avec qui – ou parfois contre qui j’ai vécu. Aux Africains, Wole Soyinka, Chinua Achebe, Ahmadou Kourouma, Mongo Beti, à Cry the Beloved Country d’Alan Paton, à Chaka de Tomas Mofolo. Au très grand Mauricien Malcolm de Chazal, auteur, entre autres de Judas. Au romancier mauricien hindi Abhimanyu Unnuth, pour Lal passina (Sueur de sang), la romancière urdu Hyder Qurratulain pour l’épopée de Ag ka Darya (River of fire). Au Réunionnais Danyèl Waro, le chanteur de maloyas, l’insoumis, à la poétesse kanak Dewé Gorodé qui a défié le pouvoir colonial jusqu’en prison, à Abdourahman Waberi le révolté. À Juan Rulfo, à Pedro Paramo et aux nouvelles du El llano en llamas, aux photos simples et tragiques qu’il a faites dans la campagne mexicaine. À John Reed pour Insurgent Mexico, à Jean Meyer pour avoir porté la parole d’Aurelio Acevedo et des insurgés Cristeros du Mexique central. À Luis González, auteur de Pueblo en vilo. À John Nichols, qui a écrit sur l’âpre pays dans The Milagro Beanfield War, à Henry Roth, mon voisin de la rue New York à Albuquerque (Nouveau Mexique) pour Call it Sleep. À J.P. Sartre, pour les larmes contenues dans sa pièce Morts sans sépulture. À Wilfrid Owen, au poète mort sur les bords de la Marne en 1914. À J.D. Salinger, parce qu’il a réussi à nous faire entrer dans la peau d’un jeune garçon de quatorze ans nommé Holden Caufield. Aux écrivains des premières nations de l’Amérique, le Sioux Sherman Alexie, le Navajo Scott Momaday, pour The Names. A Rita Mestokosho, poétesse innue de Mingan (Province de Québec) qui fait parler les arbres et les animaux. À José Maria Arguedas, à Octavio Paz, à Miguel Angel Asturias. Aux poètes des oasis de Oualata, de Chinguetti. Aux grands imaginatifs que furent Alphonse Allais et Raymond Queneau. À Georges Perec pour Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cou? Aux Antillais Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, au Haitien René Depestre, à Schwartz-Bart pour Le Dernier des justes. Au poète mexicain Homero Aridjis qui nous glisse dans la vie d’une tortue lyre, et qui parle des fleuves orangés des papillons monarques coulant dans les rues de son village, à Contepec. À Vénus Koury Ghata qui parle du Liban comme d’un amant tragique et invincible. À Khalil Jibran. À Rimbaud. À Emile Nelligan. À Réjean Ducharme, pour la vie.

À l’enfant inconnu que j’ai rencontré un jour, au bord du fleuve Tuira, dans la forêt du Darién. Dans la nuit, assis sur le plancher d’une boutique, éclairé par la flamme d’une lampe à kérosène, il lit un livre et écrit, penché en avant, sans prêter attention à ce qui l’entoure, sans se soucier de l’inconfort, du bruit, de la promiscuité, de la vie âpre et violente qui se déroule à côté de lui.

Etc. »