Algérie : double attentat

24 heures après l’attentat suicide aux Issers (43 morts, 45 blessés), deux voitures piégées ont explosé mercredi matin au centre de Bouira, à 120 km au sud-est d’Alger, faisant 11 morts et 31 blessés, selon un bilan de la radio algérienne. Une première voiture a visé un bus stationné près d’un hôtel et une seconde le siège du secteur militaire de cette ville. Un double attentat non revendiqué en fin de matinée (d’après AFP).

Algérie : 43 morts et 45 blessés dans un attentat suicide

Un attentat suicide contre une école de gendarmerie des Issers, à l’est d’Alger, a fait mardi 43 morts et 45 blessés, le bilan le plus meurtrier des attaques perpétrées ces huit derniers mois en Algérie et attribuées aux islamistes. Source : AFP.

Les Issers, est une commune déshéritée, située à 23 km au sud-est de Boumerdès (Est d’Alger, lieu d’un attentat il y a dix jours), selon le quotidien El Watan, qui lui consacrait un reportage le 29 juillet :  » Hormis la maison de jeunes, qui de surcroît manque de moyens, cette commune ne dispose d’aucun autre espace de loisirs pour la jeunesse. Le stade communal est resté tel quel depuis sa construction par les Français en 1923. La salle de cinéma, qui est considérée comme l’une des plus importantes infrastructures culturelles de la wilaya, se trouve dans un état d’abandon. « 

Algérie : 8 morts et 19 blessés dans un attentat près de Boumerdès

Un attentat kamikaze a ciblé, dans la nuit de samedi à dimanche, aux environs de 22h, la gendarmerie de Zemouri el-Bahri, dans la wilaya de Boumerdes à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger, faisant 8 morts et 19 blessés.Le kamikaze était à bord d’un fourgon bourré d’explosifs, qu’il a précipité sur la brigade de gendarmerie. Selon un bilan fourni par le ministère de l’intérieur, 9 blessés étaient encore à l’hôpital ce matin. Plusieurs habitations ont été endommagées par l’explosion. (Source El Watan). 

En Algérie, attentat à la voiture piégée contre un commissariat de Tizi-Ouzou

Un attentat suicide à la voiture piégée contre un commissariat de Tizi Ouzou, principale ville de Kabylie, a fait au moins 25 blessés, dont quatre policiers, dimanche 3 août, selon le ministère de l’intérieur algérien cité par l’agence Algérie presse service (APS).

Selon les témoins, un kamikaze a lancé son véhicule piégé contre un commissariat de la vieille ville de Tizi Ouzou, non loin d’une caserne de l’armée. L’explosion, qui eu lieu à l’aube, a creusé un profond cratère dans la chaussée près du commissariat et a endommagé des immeubles voisins. L’attaque n’a pas encore été revendiquée. Il s’agit du premier attentat à la voiture piégée depuis plusieurs mois en Algérie. Le 23 juillet, un kamikaze sur une moto avait détonné une bombe au passage d’un convoi militaire à Lakhdaria, à l’est d’Alger, faisant treize blessés.

Chroniques algériennes (5)

A Tizi-Ouzou, prendre le car pour Alger. Il est neuf, aux rideaux bleu azur, climatisé et… chinois, de marque Higer. Il est plein, calme et diffuse sur deux écrans (l’un devant, l’autre au milieu du bus) un sitcom, l’histoire d’un immigré qui rentre au bled. Par souci d’intégration à rebours, il décide de marier sa fille…

Pour 100 km, 90′ de trajet, la clim. et le sitcom (barbant), c’est 120 dinars, soit 1,20 euro !

Chroniques algériennes (3)

Benni Yenni, petite cité perchée de Grand Kabylie, est connue pour ses bijoux. Dans la rue principale, il y a plusieurs dizaines d’artisans. Ils étaient un demi-millier dans les années 70. Tous ici se plaignent du coût de la matière première, l’argent et le corail.

Le quotidien francophone, El Watan, titre sur la sécurité et les effectifs qui quadrillent la région à l’occasion de la fête du bijou annuelle :  » Au pont de Takhoukht, à une dizaine de kilomètres de Beni Yenni, les forces de sécurité ont redoublé leur présence au barrage fixe installé sur les lieux, surtout lors du passage du cortège de la délégation officielle dirigée par le wali de Tizi Ouzou. Tous les axes routiers desservant la commune étaient sous le contrôle des soldats de l’ANP qui veillaient au grain afin d’assurer la quiétude des visiteurs.  »

Faire du tourisme en Algérie, une gageure ? Au Maghreb, Maroc et Tunisie ont la cote, pas l’Algérie. Qu’est-ce-que cela signifie faire du tourisme en Algérie ? Visiter des lieux historiques, les ruines de l’époque romaine ? Profiter des plages propres non taxées ? Acheter des bijoux à Benni Yenni ? Rencontrer des Algériens chez eux, ceux dont la vie quotidienne est rythmée par les controverses sur le prix de la pomme de terre, multiplié par dix il y a quelques semaines à 100 dinars (1 euro) le kilo et repassé sous la barre des 20 dinars aujourjourd’hui ?

Partout les uns et les autres n’ont de cesse que de parler, parler, parler, de tout et de rien, de la corruption et du pouvoir, de la chaleur l’été, de la neige l’hiver qui rend encore plus belle la Kabylie, des barrages fixes de la gendarmerie, d’une espèce de désespérance permanente, du manque de visas, de la cherté de la vie, etc.

p1010871.1217957965.JPG

En repartant de Benni Yenni, de ses 900 mètres d’altitude et de son corail paradoxal, on double des cyclistes, comme un défi à cette nature de haute teneur. Température élevée. Cyclistes sportifs ou cyclistes touristes ?

Les éditions Yago, encore elles (voir billet du 5/07), nous proposent un très revigorant Manuel de l’antitourisme, qui vient à point. Rodolphe Christin, sociologue, anthropologue et donc voyageur n’élude pas sa condition contradictoire de découvreur du monde. Il dresse un réquisitoire contre le tourisme consommation  :  » L’un des paradoxes du tourisme d’aujourd’hui est de tuer ce dont il vit, en véritable parasite mondophage. Celui-ci préfère le divertissement à la diversité ; le premier est en effet plus confortable car il ne remet rien en cause (…) Nos sociétés de travail et de loisir produisent le tourisme dont elles ont besoin pour bénéficier d’un peu d’air. Or plus cet air est consommé, plus il est pollué. « 

Chroniques algériennes (2)

Au sud de Tizi-Ouzou, continuer vers la montagne du Djurdjura. Au loin, la main du Juif (consulter les forums pour l’explication du nom !). On nous assure que des touristes ont repris la route vers ces hauts sommets. On ne s’y risquera pas cette fois. Un repas de mariage nous attend à Aït Saada (voir le blog du village). Chez la famille Aït Ali, on a tout préparé pour 500 personnes. Avant cela, le cortège parade dans les rues étroites, voiture de tête, voiture de fête avec fleurs. Hakim est allé cherché Kahina… Les femmes portent la robe traditionnelle, rubans brodés de couleurs vives entourant les épaules, fibules qui ferment la robe par devant, bijoux d’argent et de corail (détails sur le site de culture kabyle, La Kabylie.com )

p1010813.1217704721.JPG

L’été est plus qu’ailleurs la saison des mariages. Ces dernières années, ils ont repris de plus belle. Dans les villes les Chinois construisent plus vite que leur ombre. L’équation est simple : les Chinois construisent dans des villes surpeuplées, les jeunes peuvent quitter la maison des parents et se marier. Joli paradoxe : les Algériens ont reconstruit la France de l’Après-guerre, les Chinois édifient l’Algérie de l’indépendance, peut-on lire dans l’excellente enquête de Serge Michel et Michel Beuret, La Chinafrique, publiée par Grasset.

Chroniques algériennes (1)

p1010762.1217948947.JPG

En bord de route, au sud de Tizi-Ouzou, par la N30, on apprécie la vue sur le barrage de Taksebt. Plus loin, une décharge sauvage comme il y en a tant en Algérie. Des sacs bleus ponctuent en pointillé le paysage. Les sacs noirs ont disparu, victimes d’une campagne du ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, Chérif Rahmani. Pendant des mois, les Algériens ont entendu cet anathème lancé contre les sacs noirs, toxiques, produits avant l’nterdiction à raison d’un million de tonnes par an, a précisé le ministre à El Watan. Un poids qui parait excessif, tant le plastique est léger.

Les sacs bleus ont remplacé les sacs noirs. Plus tard, sur la route du Grand Sud, on les retrouvera, flottant au vent, accrochés par les brins d’alfa… Je pense au grand bleu d’Hugo Verlomme et à son son dernier titre, emporté dans mes bagages : Les 7 couleurs de monsieur Gris (éditions Yago).