
il y a un siècle, le poète et moine Santôka continuait son bonhomme de chemin, les préférant (les chemins) à une vie rangée, lui qui savait conjuguer zen, saké et haïku, notant ses étapes dans l’exquise sobriété d’un poème de trois lignes, comme celui-ci qui tombe à pic en ce week-end de superlune :
正月三日お寺の方へぶらぶら歩く
(Shōgatsu mikka otera no kata e burabura aruku)
troisième jour du premier mois
dans la direction du temple
sans but je marche
(« Santoka, journal d’un moine zen », CHENG Wing fun et Hervé Collet, Moundarren, 2003, 2013)

Si Santôka nous autorise, écrivons :
le moine errant va –
son tracé en trois lignes
sous la lune froide
