Batia Baum, entretien posthume : faire sortir le grain de la langue


à lire, dans la « Revue Incise », n°10, août 2023, (en vente dans certaines librairies), l’entretien posthume avec Batia Baum, entretien intitulé « Celle qui porte en elle la traduction », une quarantaine de pages absolument formidables sur sa vie, son œuvre (de traductrice du yiddish). Décédée le 25 juin 2023, elle a contribué à faire découvrir de grands noms de la littérature yiddish, dont  Yitskhok-Leybush Peretz ou Avrom Sutzkever ou encore, plus récemment, Dvoyre Fogel. 

Dans cet entretien à plusieurs voix, elle revient sur ce qui fait la particularité du yiddish, sa musique faite du texte biblique, de ses répétitions (contrairement à l’hébreu, très concis), de « la pensée hébraïque dans la langue », de la décision soviétique de « déshébraïser le yiddish »,  du yiddish « langue de l’entre-deux », la « judéo-langue », de Rabbi Nahman, qui vivait en Ukraine avant 1800, et de son empreinte laissée dans la littérature yiddish, de son « conte des sept mendiants », de la « drasha », ce discours que chacun fait comme cadeau et « qui tord la langue », c’est-à-dire qui l’interprète, etc. etc.

Ce « drash », l’une des quatre règles d’interprétation tamuldique (avec le « pshat », le sens littéral, le « remez » ou allusion, et le « sod », le secret, le mystère ») : « le drash, qui veut dire interpréter, faire sortir le sens profond, pour moi, explique Batia Baum, ça correspond au dreschen allemand qui veut dire : battre le blé au fléau. On bat le blé, on fait sortir le grain. »

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