Entendu dans les rues de Port-au-Prince début février, un poème de Samuel, cireur de chaussures authentique :
Je suis celui
Qui dans dans le feu
Avec mon tabour en eau
Fluide de mon sang
Noirci par la brise de du soir.
À l’occasion du festival Étonnants voyageurs (1er au 4 février 2012), nous avons marché sur les brisées de Dominique Batraville, auteur du recueil de poèmes Semelles de braise (éditions Presses nationales d’Haïti, collection Souffle nouveau), où il écrit dans son poème Élégie de Port-au-Prince :
Juché sur mes semelles de braise
je regarde décombres et catacombes
avant de chanter et les sémaphores de ma ville.
Moi, ange de charbon, j’entends capter d’autres
oracles
en quelques fractions de secondes.
À lire, dans Le Nouvel Observateur, l’article de Grégoire Leménager, Haïti : Génération séisme, où il écrit notamment : « Dans une ville où le seul cinéma encore debout, le mythique Eldorado, cherche de l’argent pour enfin rouvrir ses portes, le métier d’écrivain a de quoi faire rêver ceux qui ont eu la chance d’apprendre à lire (on compte officiellement 50% d’analphabètes). Mieux: à Paris, Nice ou Lisieux, la conseillère d’orientation ferait tout pour dissuader un gamin d’espérer vivre de sa plume; ici, avec un chômage qui touche les deux tiers de la population, cette vocation ne semble pas plus absurde qu’une autre. Au contraire. Le « peuple de peintres » salué par Malraux est aussi un peuple de poètes. »
Toujours de Grégoire Leménager dans BibliObs, Une journée avec Laferrière au pays des poètes et la page Paroles d’Haïti.
Dans Libération, lire les articles de Frédérique Roussel, Haïti reprend goût à la vie par l’écrit et un entretien à Port-au-Prince avec Lyonel Trouillot.
Et le site Étonnants voyageurs.
