Fichiste, stabilo-bosser, pitcher, les petits métiers de la littérature à la télé

À lire si vous êtes curieux du backstage (coulisses) littéraire à la télé… l’article de Anna Topaloff dans Marianne du 7/01/12 où la journaliste a enquêté sur « le monde du survol » plutôt que de la lecture : « c’est surtout la façon dont les émissions sont bâties qui permet à leurs animateurs de zapper la case « lecture ». Concrètement, à la télévision, il est bien peu question de littérature, de style et de structure narrative. On y parle surtout de l’accueil qui lui a été réservé par la presse et du nombre d’exemplaires vendus ou mis en place. De plus, la multiplication des invités raccourcit le temps consacré à chacun et autorise un simple survol. Dix minutes, quinze à tout casser, c’est juste assez pour évoquer l’histoire du livre, et encore… »

Un monde qui a ses petits métiers :

Programmateur : « Quand un présentateur décide d’organiser un débat télévisé sur l’autofiction ou un focus « spécial rentrée littéraire », il fait appel à Marc pour qu’il lui déniche une brochette d’auteurs. Et il l’assure : « La qualité de l’ouvrage ne fait pas partie des critères de sélection. La première question que te pose l’anim, c’est : « Est-ce que c’est un bon client ? » Un « bon client », c’est un auteur célèbre qui fait des blagues. Si ce n’est pas le cas, il faut qu’il « passe bien ».

Fichiste : « Les fichistes, ce sont ces petites mains qui lisent les livres, notent les thèmes forts, recopient les noms des personnages et les citations chocs. »

Assistante : « Tous les animateurs ont une assistante, généralement une femme, qui est un peu leur « cerveau ». Elles lisent les livres et leur racontent : ils se comprennent si bien qu’après une demi-heure de conversation les animateurs peuvent te parler du bouquin comme s’il l’avait lu eux-mêmes ! » décrypte un programmateur, pour qui ces femmes, totalement inconnues du grand public, sont les véritables « âmes des émissions».

Laisser un commentaire