Il me faut tout, le langage du Mineiro, du Brésilien, du Portugais, il me faut le latin, peut-être aussi la langue des Esquimaux et des Tartares. Nous avons besoin de mots nouveaux ! (João Guimarães Rosa)
De mon point de vue d’écrivain, « j’écris en présence de toutes les langues du monde », même si je n’en connais qu’une seule. (…) le multilinguisme relève non seulement d’une situation, mais aussi d’une sensibilité nouvelle, liée à ma fréquentation d’une poétique de la mondialité. (Édouard Glissant)
Depuis quelques années, un nouveau domaine de la linguistique s’est développé, que l’on appelle la typologie linguistique. Son but, tel que je le comprends, consiste précisément à rechercher les universaux des langues humaines à travers l’observation fine de leurs différences. (Alexandre François, spécialiste des langues mélanésiennes)
[Dans ma jeunesse, j’ai] baigné dans une marinade de langues. (Hélène Cixous)
(Je le regrette infiniment, mais il est absolument impossible d’expliquer le mot saudade à qui n’est pas de notre langue.) (José Eduardo Agualusa)
Alors, il [le leader suprême] parlait en vociférant. Il parlait sans arrêt. Il parlait et déparlait, les yeux fermés, les bras pleins de geste, la gorge ouverte à la bégaudine des ombres et du vent. Et sa bouche foufouneuse se dévulvait pour éjaculer de temps en temps des flammes joyeuses qui léchaient les toitures et les murs de la ville. Les arabesques multicolores, les rabadaises démagogiques, les souvirames vertigineuses, les maniguettes poivrées et les philorianes explosives doudoulunaient d’ivresse euphorique les habitants des bidonvilles. Repus de la vapeur des mythes, les fornicons n’avaient guère besoin de manger pour vivre dans l’allégresse d’un carnaval perpétuel. Frankétienne, L’Oiseau schizophone.
J’ai écrit en français, parce que je ne connais pas le sango ! (Vassilis Alexakis)
Lire, c’est ingérer une langue peut-être ennemie. (Claro)
