Mort de Glissant, mort de Socrate

Alors qu’il est mort le 3 février 2011, les mots d’Édouard Glissant, interviewé le 30 mars 2010 sur les poèmes qu’il a choisis de faire figurer dans « La Terre, le feu, l’eau, le feu et les vents, L’Anthologie des poètes du Tout-Monde », éditions Galaade, prennent un écho retentissant :

« J’ai toujours adoré : « Voici le temps de nous séparer, moi pour mourir et vous pour vivre, qui de nous a le meilleur sort ? nul ne le sait si ce n’est la divinité. » Cette chose m’a toujours habité, de Socrate, rapporté par Platon dans L’Apologie de Socrate. C’est dedans [L’Anthologie] et cela a déclenché d’autres événements poétiques… Il y a un poème pré-colombien, qui est magnifique, qui est extraordinaire, où l’auteur dit – c’est une réponse à Socrate – « Nous ne serons pas une montagne, nous ne serons pas une montagne sacrée, nous quitterons le monde, nous aussi… voici le temps, moi pour mourir, vous pour vivre… les textes se sont appelés. »

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Lire le texte intégral de L’Apologie de Socrate (ou l’écouter dans une version des éditions Thélème), où Platon rapporte les plaidoyers de Socrate lors de son procès qui devait déboucher sur sa condamnation à mort. Ses derniers mots, selon la traduction de cette version :

« Mais il est temps que nous nous quittions, moi pour mourir, et vous pour vivre.
Qui de nous a le meilleur partage ?  Personne ne le sait, excepté Dieu. »

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