Le pays des hiragana tourne la page

Le Japon existe-t-il ? Après la victoire écrasante de l’opposition centriste ce dimanche aux élections législatives, après 54 ans de règne des conservateurs sur la deuxième économie du monde, c’est une volonté de changement manifeste.

 » Selon les premières estimations publiées par les médias, le Parti démocrate du Japon (PDJ) obtiendrait entre 298 et 329 sièges sur les 480 de la Chambre des députés, infligeant une cuisante défaite au Parti Libéral-Démocrate (PLD-droite), le tout-puissant parti conservateur, qui ne récolterait qu’entre 84 et 131 sièges. «  (Le Monde).

Mais les premières estimations ne disent rien de l’influence de l’Espagnol Alberto Torres Blandina, lauréat en 2007 du prix international de la nouvelle pour Le Japon n’existe pas, publié en français chez Métailié en 2009. Le héros de Torres Blandina est un balayeur d’aéroport qui devise sur un postulat qui a fait ses preuves, et que peu osaient proférer avant lui :

 » Le Japon n’est qu’une façade. Une opération marketing comme une autre. On l’a inventé pour vendre de la technologie et ça a marché. Made in Japan est aujourd’hui le meilleur label pour vendre une voiture ou un téléviseur. « 

Rappelons qu’un autre écrivain assez peu suspect de nationalisme, le ci-devant citoyen américain Dany Laferrière, avait surpris (une nouvelle fois) son monde avec une vision inédite de l’archipel avec son roman au titre à en faire tenir coi plus d’un : Je suis un écrivain japonais (Grasset, 2008).

On nage en plein surréalisme… d’autant que le futur Premier ministre, le chef du parti aujourd’hui majoritaire à la Chambre des députés, M. Yukio Hatoyama, crocodile de 62 ans, surnommé E.T., a promis de « construire une société fraternelle et mener une politique basée sur l’amour ».

Après la victoire écrasante de PDJ, preuve supplémentaire que la littérature n’est que pays du mentir-vrai, rien ne nous empêche de nous considérer, plus que jamais, comme  » écrivain japonais dans un pays qui n’existe pas « .

(Pour ce qui est du tout nouveau Laferrière, L’énigme du retour, nous en parlerons très bientôt, dans une chronique entière tellement c’est beau).

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