
» Nous vivons dans un temps où les philosophes s’abstiennent. Ils vivent dans un état de scandaleuse absence. Il existe un scandaleux écart, une scandaleuse distance entre ce qu’énonce la Philosophie et ce qui arrive aux hommes en dépit de sa promesse ; dans le moment même qu’elle redit sa promesse, la Philosophie est en fuite. Elle n’ai jamais là où l’on aurait besoin de ses services. Elle est, ou plutôt paraît, démissionnaire. Il faudra même parler d’abandon de poste, de trahison. »
Paul Nizan, Les chiens de garde (Rieder, 1932). L’extrait cité est l’entrée du chapitre « Démission des philosophes », p. 33 de la réédition Maspero en 1960.
