
Tomber sur le livre de Steve Toltz, Une partie du tout, édité par Belfond, et ne pas le lire, serait une erreur. Le premier roman de cet auteur australien, né à Sydney et vivant à Paris, est aussi puissant qu’une âme bien noire qu’on aurait dégoupillée, mais qui ne finit pas d’exploser, une âme à combustion lente. Je n’en dirai pas plus pour l’instant, sinon que c’est l’histoire de Martin Dean racontée à son fils Jasper, qui toute sa vie a hésité entre détester, plaindre, adorer et assassiner son père.
Son père est obsédé par le sens de la vie. Une vie au contexte défavorable. Ce père qui -jeune- dit, p. 106 : » J’étais trop préoccupé par mes propres problèmes : ma mère qui était mourante s’enfermait comme une reine folle, mon père disparaissait dans une bouteille, et mon frère vadrouillait avec un flingue dans une main et une hache dans l’autre. »
Quant au style, c’est un mélange de polar australien ( » vivre en Australie c’est comme avoir une chambre retirée dans une immense maison « , p. 111), de bibliothèque idéale et démesurée (dont la lecture lui a été assurée pendant ses années de coma), et de comparaisons absolument désarçonnantes. Ainsi p. 112 : » Ma maison s’était transformée en un lieu historique d’importance mineure – comme les toilettes du restaurant utilisées par Hitler avant l’incendie du Reichstag… »
Voilà pour les pages 106, 111 et 112. Je vous en reparle quand je serai p. 497, la der. Si vous ne l’avez pas lu d’ici là, ce qui serait, je me répète, une erreur.
