Angola, littérature en brigade

En feuilletant la presse de part le monde, on trouve toujours de quoi s’étonner. J’aime beaucoup Agualusa, écrivain d’Angola. Ainsi son merveilleux Le Marchand de passés, que Métailié a publié pour la première fois en français, en 2006, un bijou sur les ambiguïtés de la mémoire personnelle ou nationale.

Du coup, je consulte la presse du pays, où je tombe par hasard sur un papier qui m’épate. Ainsi cet exempe, extrait d’une agence de presse angolaise, Angop , une véritable pépite de style :  

« Les écrivains membres de la Brigade Jeune de Littérature (BJL) de Kwanza Norte ont défendu mercredi à Ndalatando, la nécessité de considérer l’institution comme d’utilité publique, dans la mesure où elle participe activement au développement intellectuel des citoyens.

Les écrivains ont manifesté cette opinion en marge d’une rencontre qui a réuni la ministre de la Culture, Rosa Cruz e Silva, et les agents culturels de la province, durant laquelle les participants ont abordé des questions liées au développement des beaux-arts dans cette région de l’Angola.

Au cours de la rencontre, les agents culturels ont présenté à la ministre leurs préoccupations, notamment l’équipage de la bibliothèque provinciale et la création d’autres dans les municipalités, pour permettre aux jeunes de réaliser des recherches et d’encourager le goût pour la lecture. »

On ne peut que souhaiter qu’elle se développe cette jeune brigade littéraire, même au prix d’une métaphore militaire à manier avec quelque précaution. Peut-être est-ce une résonance de la lointaine présence des troupes cubaines (1975-1988), et de ce vocabulaire où fleurit le dur labeur idéologique, avec brigades de travail volontaire ou comités de quartier de défense de la Révolution…

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