Books, un journal international en français pour donner un look à la culture écrite

Un journal culturel international en français :

Saluons le lancement du site Booksmag aujourd’hui, dont le frère papier Books sera en kiosque jeudi, avec pour profession de foi « L’actualité par les livres du monde ». Ce mensuel international apparaît comme un mélange de Courrier international, à la rédaction naguère dirigée par le fondateur de Books, Olivier Postel-Vinay, et du Magazine littéraire.

A remarquer dans Booksmag, la rubrique d’ouverture, Un livre par jour, qui pour cette première est consacrée à l’essai historique de Eric Robert Taylor If we must die,  » Les insurrections en mer à l’époque de la traite atlantique « . Ce livre est consacré aux 400 soulèvements qui se sont produits au cours du XVIIIe siècle.

A voir également l’entretien vidéo avec l’excellent Neil Bissoondath, auteur remarqué de Tous ces mondes en elle, sur l’effet Obama

Entretien avec son fondateur, Olivier Postel-Vinay

Soixante ans cette année, l’ancien rédacteur en chef de Courrier international aux début des années 90, journaliste scientifique, ancien correspondant en Afrique, réalise son rêve. Il nous reçoit chez lui, à Paris, entre Beaubourg et Marais, dans le bureau très éclairé de sa fille, où trônent des dictionnaires de russe.

Pourquoi Books ?  » Books est un acte culturel non gratuit. Il y a une crise de la lecture notamment chez les jeunes et une désaffection annoncée pour le livre, mais notre intention est de faire voir l’immense richesse de la production de livres dans le monde entier. Les essais comme les romans peuvent nous éclairer. 

Pourquoi un titre en anglais ?Pour remettre le livre à la mode, même chez les jeunes, il fallait lui donner un look, peu importe la langue, ce qui compte c’est le message. Mais l’équipe de journalistes est très attachée à l’écrit.

D’où est venue l’idée de Books ?Elle est née de l’échec répété de ceux qui ont essayé de créer un New York Review ok Books en France. Les Italiens ont essayé avec un magazine où les deux-tiers des articles sont des traductions. Pour notre part, nous allons diversifier les sources.

Que faites-vous de la crise de la lecture chez les jeunes ?En septembre 2006, j’avais fait une enquête pour L’Histoire sur cette question. Il est vrai que la crise de la lecture touche notamment les jeunes et qu’une désaffection est annoncée pour le livre. Une baisse de la lecture des livres chez les étudiants, une tendance qui n’est pas propre à la France. En même temps le livre résiste : les prévisions chez les éditeurs pour 2009 sont plutôt bonnes.

[Dans L’Histoire, l’enquête se concluait ainsi : Notre déploration pourrait alors être pour une part interprétée comme l’expression d’illusions perdues, ou en train de se perdre. Nous avons cru que le grand nombre allait accéder au statut de l’élite. Nous avons cru que le livre était par excellence l’outil de cette révolution culturelle. Nous en avons fait un totem, sans voir qu’il allait faire son chemin dans les supermarchés, côtoyant jeux vidéo, DVD et autres baladeurs. Il faut se rendre à l’évidence : le livre n’est plus un objet sacré. ]

Sur quels fonds repose Books ?

Quand il y a sept ans, j’avais fait un premier tour de piste, avec le même concept, c’était l’incrédulité générale. Début 2007, les mêmes m’ont répondu :  » c’est génial « . C’est la preuve qu’il y a quelque chose qui se passe. Concrètement, des patrons d’entreprises moyennes se sont engagés pour m’aider, ils ont mis leur argent personnel. Il n’y a aucun éditeur dans notre capital.

Pour la première année le budget est de 1 million d’euros avec un objectif de 40 000  exemplaires au bout de 4 ans, le point mort étant de 35 000. Le premier numéro est tiré à 80 000 exemplaires. On espère en vendre 25 000. 

Books est-il un mixage de Courrier international et du Magazine littéraire ?

Nous visons un lectorat transdisciplinaire, ce qui est un risque aujourd’hui. Nous jouons la carte d’un magazine d’actualité, tous les sujets d’actualité peuvent être éclairés par des bouquins. Nous partons de l’actualité pour aller aux livres et l’inverse également.

Et le site booksmag.fr ?

Le site n’est pas le miroir du journal. Son rythme est quotidien. Exemple avec  » Le livre du jour « . Le site représente un investissement de 100 000 euros. Il est conçu pour être autonome. Un site et un journal en même temps parce qu’aucun patron de journal ne peut savoir quelle sera la part du papier journal dans cinq ans.

Comment Books entend participer au débat d’idées ?

Plusieurs signes montrent ce développement du débat d’idées, auquel entend participer Books. Citons nonfiction.fr [qui lance le 28 novembre une version papier] ou La Revue internationale des livres et des idées. Mais l’une des raisons pour lesquellles aucun magazine d’idées n’a duré ou de que des revues ont une diffusion confidentielle, est que tous ont été créés par des gens qui avaient un agenda politique. Cela crée une fermeture, ceux qui adhèrent renforcent leur parti-pris. On ne sort pas du cercle des adhérents. L’ambition de Books est opposée. Notre volonté n’est pas politique au sens de  » la politique  » mais de participer à la richesse des idées nouvelles. Dans les premières enquêtes avant le lancement du magazine, il est clair que les lecteurs ne nous affectaient pas un positionnement politique. Et ça, c’est très bien. 

Books est un journal international ?

Notre souhait est que les francophones non français s’y reconnaissent.  » A l’étranger  » est un mot banni de Books. C’est un journal international en français.

2 commentaires

  1. Avatar de Inconnu

    bonjour , j’ai entendu parler de votre journal via canal + et ariel wizman qui en a fait l’éloge .
    aujourd’hui j’aimerais savoir s’il est possible de s’abonner et si oui quelles en sont les conditions ?
    merci de votre réponse

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