Double peine : la tête maorie est française

Le tribunal administratif de Rouen a annulé une délibération du conseil municipal de cette ville prise en octobre [Papalagui, 28/10/07] et restituant à la Nouvelle-Zélande une tête de guerrier maori figurant dans les collections de son muséum. C’est une dépêche de l’AFP qui nous l’apprend.

Dans un arrêt en date du 27 décembre, le tribunal a annulé la décision en estimant que la ville aurait dû au préalable consulter la commission scientifique chargée d’examiner les demandes de sortie de « pièces » des collections publiques nationales.

Lors du déclenchement de l’affaire, nous évoquions la balance entre trophée (de guerre hier, culturel aujourd’hui) et patrimoine (français, universel, néo-zélandais, maori). Pour la ministre de la culture française, la tête relève des « objets sociaux », alors que pour le maire de Rouen elle est un « reste humain ».

Avec cet épilogue judiciaire (pour l’heure, rien ne dit si le maire de Rouen fera ou non appel de la décision et si la Nouvelle-Zélande poussera le zèle pour la restitution), on pourrait penser à une double peine : la tête maorie, symbole d’un rapt symbolique pendant la colonisation du Pacifique, est doublement punie, comme emprisonnée dans une Europe conquérante et comme non restituée, alors que plusieurs villes à travers le monde notamment Genève, Bâle, Manchester,
Londres, Glasgow, Edimbourg, Copenhague et Brème ont déjà répondu positivement à la demande néo-zélandaise.

Un commentaire

  1. Avatar de Inconnu

    « Quand les hommes sont morts ils entrent dans l’histoire, quand les statues sont mortes elles entrent dans l’art, cette botanique de la mort, c’est ce que nous appelons la culture » dans « Les statues meurent aussi » film de Chris Marker, Alain Resnais, Ghislain Cloquet, 1953.

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