La Biennale du carnet de voyage a lieu chaque année. « On aimait bien le mot biennale, alors on l’a gardé », nous dit un bénévole. Une parole à l’image de la manifestation organisée à Clermont-Ferrand, capitale de l’Auvergne. C’est bon enfant, on ne se prend pas au sérieux. Entre mode carnettiste et goûts salutaires pour la découverte de nouveaux horizons et surtout, maintenant que la planète mondialisée offre moins de recoins inconnus, pour se réchaffer le coeur et l’âme auprès des autres, lointains semblables/dissemblables.
Le carnet de voyage est d’abord l’herbier du monde, avec cette obsession de collecter puis de coller tous les objets, récits, photos, dessins recueillis dans un pays.
De nombreux carnettistes on un stand et sont à la recherche d’un éditeur. Ils déroulent au visiteur une passion, celle du voyage graphique, scripturaire et photographique. Pour ce chevronné qui a fait l’Inde comme d’autres empruntent la ligne B du RER hors les jours de grève, « c’est un carnet de vie le voyage, une manière de croquer le monde et l’autre en un tour de main » et aussi « une manière de fixer sa mémoire dans chacune des photos. »
Pour telle autre, ambassadrice de l’outremer (sans trait d’union) c’est l’affirmation que « l’outre-mer c’est multiculturel ».
Hors l’ombre portée de Titouan Lamazou dont les carnets nous donnent actuellement une exposition monumentale au musée de l’homme, à Paris, d’autres surprises nous sont heureusement offertes. Comme ce travail publié par les éditions Magellan et cie, L’exporateur, le photographe et le missionnaire. Un travail remarquable de Gwenaëlle Trolez qui utlise les techniques du carnet de voyage pour faire revivre sur un mode non raciste des photos coloniales de l’Afrique du XIXe siècle.
