© Stéphane Durieu
Pour ses vingt-cinq ans, l’Athénée théâtre Louis-Jouvet, à Paris, propose en ouverture de saison 2007-2008 deux pièces en Noir et Blanc. Dans la grande salle, Les Nègres de Jean Genet. Dans la petite, Topdog/Underdog, une pièce inédite en français de Suzan Lori-Parks, mise en scène par Philip Boulay, pièce sur la communauté noire américaine.
Côté Nègres, la jeunesse de la metteuse en scène, Cristèle Alves Mera, tout juste âgée de 25 ans, est sans doute pour quelque chose dans la fraîcheur du spectacle. Ecrite à la veille des indépendances, en 1959, Les Nègres, est un texte qui donne le vertige. Il présente l’idée que des Blancs se font des Nègres. Les Nègres sont des comédiens qui jouent leur rôle, tel que les Blancs les voient. C’est une allure de carnaval grave, solennel ou joyeux selon les tableaux, conduit « absurdement » clame le personnage d’Archibald interprêté par l’excellent Jean-Baptiste Anoumon, déjà remarqué dans Pièce africaine [Papalagui du 7/03/07].

Cristèle Alves Mera entend, nous dit le dossier de presse : » dénoncer les apparences trompeuses, les clichés, les préjugés en réunissant des comédiens d’horizons divers – Cameroun, Bénin, Côte d’Ivoire, Togo, Antilles, Inde, Chili, Etats-Unis dans un souci d’élargir la définition du nègre et de ne pas le réduire à la couleur de peau. «

