Dans le désert, des touristes en panne. Au pied de la Montagne des esprits, un guide se méfie de cette panne, peut-être due aux esprits. Le guide a ses secrets de famille. Kossi n’est que couleur locale, noire, mais français, apprennnent les touristes. Dans cette « collision », les touristes aussi ont leurs secrets.
Des réfugiés, clandestins de nulle part, débarquent en pleine nuit avec leurs secrets à eux. Seule certitude : Awad est mécanicien. Certitude de courte durée : il doute… les sauvera-t-il ?
Dans une économie de mots, il doute joyeusement, il est secret joyeusement ou tristement. Une voyageuse a cru bon d’embarquer un accordéon, ce qui est encombrant, mais ménage quelques bonnes surprises dans le tempo d’une pièce, certes avec des longeurs mais dont les questions écorchent les (bonnes) consciences :
– ne sommes-nous pas prisonniers de clichés ?
– un mécanicien en panne de papiers doit-il, comme une évidence, sauver des voyageurs en panne ?
– et si c’était les rapports entre les uns et les autres qui étaient en panne ?
Pièce africaine, « car il manque toujours une pièce en Afrique », nous dit l’auteur et metteuse en scène, Catherine Anne, également, directrice du Théâtre de l’Est parisien. Elle nous fait le coup de la panne de société, d’identités.
William Nadylam, déjà remarqué dans Hamlet, joue sur du velours, un guide tourmenté. Il joue facile.
Jean-Baptiste Anoumon, déjà interprète des Nègres de Jean Genet, est un très bon mécano.
