Hébétés, dans la cathédrale de Port-au-Prince, ruine immense habitée et hantée par Frankétienne

« Une étrange cathédrale dans la graisse des ténèbres » de Charles Najman avec Frankétienne, présenté le 30 mai 2011 à l’UNESCO (Paris) porte un titre magnifique pour un film atypique. Les amateurs diraient un OVNI filmique sans genre défini, hybride fiction, documentaire, finalement film littéraire.

Son héros est le plus grand poète haïtien vivant, Frankétienne, auteur de livres tout aussi atypiques, surréalistes, qu’il met lui-même en page dans des typographies hors-normes, tel L’oiseau shizophone, livre à plusieurs voix.

Frankétienne, à la fois l’écrivain et le personnage principal erre dans le ventre de la cathédrale en ruines de Port-au-Prince. Son verbe dantesque se déroule comme une longue introspection sur la finalité de l’existence ou en dialogue burlesque avec le comédien Gardel Innocent sur les questions d’un G8 grotesque.

De temps à autre, apparaissent des habitants de la cathédrale, c’est le côté documentaire du film, une mère juchée sur les décombres allaite son enfant, des hommes cisaillent les tiges en fer du béton démembré.

Dans d’autres scènes, Frankétienne figé debout dans un cercueil ouvert au cœur des racines d’un banian continue sa profération dans le chaos et la désolation.

Film littéraire par excellente, Une étrange cathédrale dans la graisse des ténèbres conjugue deux démarches celle de Najman et celle de Frankétienne, qui se rejoignent quelquefois, qui se superposent souvent, et laissent le spectateur hébété.

A suivre, le discours de Frankétienne après la projection :

Franketienne Discours UNESCO from geomuse.fr on Vimeo.

Laisser un commentaire