En Haïti, étincelles de haine, étincelles d’espoir…

En Haïti, malgré l’épidémie de choléra qui a fait plus de mille morts, les élections sont maintenues pour le 28 novembre : près de 4,7 millions d’Haïtiens vont être appelés à choisir un successeur au président René Préval parmi 19 candidats. Ils devront également élire 11 sénateurs et 99 députés.

Des manifestants réclament le départ de « l’étranger », qui selon la rumeur serait la cause de l’épidémie.

D’autres présages sont alarmants : en Guyane, où l’immigration haïtienne est particulièrement importante (27% de la population immigrée, selon l’INSEE), les interpellations de Haïtiens ont repris. Elles sont suivies d’expulsions, annoncent les associations telles que la Cimade, le Gisti, la Ligue des droits de l’homme, Médecins du monde, ou le Secours Catholique qui rappellent que le gouvernement s’était engagé à suspendre le retour forcé des Haïtiens dans leur pays, après le séisme du 10 janvier.

Il n’y a pas eu une seule expulsion de ressortissant haïtien de Guyane depuis le séisme en Haïti, il y a dix mois et d’autant moins aujourd’hui avec l’épidémie de choléra qui sévit dans ce pays », a déclaré, Philippe Duporge, directeur départemental de la Police aux frontières (PAF). « Nous ne contestons pas le fait de remettre des APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière) aux ressortissants haïtiens en situation irrégulière en Guyane, mais nous ne les rendons pas exécutoires », a-t-il précisé à l’AFP le 23 novembre.
Marc Grossouvre, porte-parole de RESF (Réseau Éducation sans frontières) en Guyane a confirmé qu’il n’y avait « pas eu d’expulsions de Haïtiens » depuis le séisme, mais que les remises d’APRF seraient « récentes » et justifient, selon lui, « l’inquiétude » des associations. Le directeur départemental de la PAF affirme, pour sa part, que ce « traitement administratif » des ressortissants haïtiens en situation irrégulière a débuté « dans les semaines qui ont suivi le séisme »

Et pendant ce temps, certains entrevoient une porte de sortie, tel Jean-Marie Théodat, qui dans son blog quotidien, envoie de Port-au-Prince, ses mots à travers le Web :

« Et si je me lève tôt, c’est pour collecter toutes les étincelles d’espoir du jour qui me laissent entrevoir une lueur d’espoir pour sortir de la tente, un jour prochain, ainsi que tous les autres réfugiés qui dorment sous la tente, la tête haute. Alors, on pourra dire, sincèrement, merci à tous les étrangers qui ont voulu, souvent bénévolement, nous aider ! Et moi, je pourrai dormir tout à mon aise, mes quatre heures. Alors, la génératrice du voisin pourra faire son boucan d’enfer toute la nuit, son coq chanter au point du jour et les moustiques attaquer en ordre serré : je m’en fiche comme de ma première vérole. Je dormirai sur mes deux oreilles, car je saurai que dehors, un esprit sain veille sur nous. Dans l’attente, de je m kale nan fènwa a ! Je veille dans la nuit. »

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