« Juillet est là, avec ses pluies et ses plaintes, ses tas de boues et de galets dans tous les quartiers de la ville. Lorsqu’il pleut, c’est un vrai déluge : anba pa monte anho pa desann lanmitan rete sou kote, dit le poète. Coupe Cloue a su dire dans des vers exacts la réalité d’un certain Bel Air que j’ai connu et dont le séisme du 12 janvier a définitivement rayé les traces de la ville. Chaque orage est suivi du décompte douloureux des morts, de scènes de deuil et de prière (…)
L’envasement progressif de la baie a créé cette langue de terre qui croît vers le large et où s’établissent au fur et à mesure de nouvelles demeures, de nouvelles baraques en bois, en carton en plastique, etc. Cela a fini par composer dans le paysage une sorte de chancre visuel qui ourle de corridors insanes et de venelles obscures l’avenue du Bicentenaire, censée être le signe d’une première renaissance de la ville en 1949.(…)
Port-au-Prince est devenue l’une des villes insalubre et les plus chères de la Caraïbe. Depuis que les dollars tombés de l’aide internationale ont donné aux opérations immobilières un coup de fouet artificiel qui a fait grimper considérablement les prix pour les locations et les ventes, la ville est devenue le lieu d’un face à face extrême entre les have et les have not. La hausse des prix pèse sur les plus vulnérables et les chasse de plus en plus loin du centre. »A lire dans son intégralité sur le blog de Jean-Marie Théodat, depuis Port-au-Prince.
