Extrait de la chronique de Lyonel Trouillot (Le Point, 23/02/10) :
Oui, j’ai eu tort de rouler dans Port-au-Prince. Je m’arrête. Une pause. J’écoute une jeune fille qui fait du volontariat dénoncer la corruption qui s’installe dans les réseaux de distribution. On le sait : des médicaments qui devraient être donnés ont été mis en vente. C’est pareil pour la nourriture. La corruption existe partout dans le monde, ce qui manque ici, c’est la sanction. Ce qui agace, c’est le mensonge. Ce qui indispose, c’est l’incapacité, non pas du pays, mais du pouvoir, de mettre de l’ordre, de la transparence.
De l’ordre ? Retour dans les rues. Du côté de la faculté de Médecine (faut-il continuer de nommer lieux et institutions du nom qu’on leur donnait avant ?), on construit dans la rue des maisonnettes avec portes et fenêtres. La rumeur veut qu’on les loue. Esprit d’entreprise ? Grand désordre et laxisme des autorités. Il est vrai que, dans les camps, ce n’est pas la confiance dans les autorités qui donne le ton. C’est plutôt le désordre. Surtout dans les camps de plus de mille personnes où « cohabitent » des personnes qui ne se connaissaient pas avant. Corruption. Exactions.
