
« Le Serpent à plumes pour Haïti », recueil de textes d’écrivains haïtiens et de l’ami d’Haïti, Thomas C. Spear, est paru. Tiré à 5 000 exemplaires, vendu 15 euros, la part éditeur (environ 7 euros) doit revenir à l’Hôpital de la Communauté Haïtienne, à Port-au-Prince. En plus de photos de David Damoison et Fred Kœning, on y voit cette superbe toile d’Hervé Télémaque , « Le Voyage d’Hector Hyppolite en Afrique n° I » :

Voici un extrait de la nouvelle de Syto Cavé, Fatras-Bâton :
il décida de se nommer Fatras-bâton. Ce n’était pas une invention. Ce nom appartenait à l’un des héros de l’indépendance haïtienne qui le changea très tôt contre celui de Toussaint Louverture. Il ne ressemblait aucunement à cet homme. Il n’en avait d’ailleurs pas la prétention. Il ressemblait plutôt à son nom, à ce premier nom que Toussaint laissa en route. Ça lui disait quelque chose. Il signifiait pour lui un certain parcours. Dans son oreille intérieure, il sécrétait le sens d’une cassure, d’un chemin coupé. De l’union de ces deux termes naissait un rayonnement, une magie nominale, un rapport idéal entre le mot et la chose, l’être et le nom, au point qu’ils paraissaient ne pouvoir se passer l’un de l’autre, comme prédestinés à se révéler, composantes principales, nécessaires d’un drame.
