(…) Le sort de l’humanité est en jeu ; en effet, si celle-ci se montre incapable de contribuer à l’édification d’un avenir décent pour une nation de dix millions d’âmes vivant sur un tiers d’île — vingt-sept mille kilomètres carrés —, comment croire qu’elle pourra faire face aux défis incommensurablement plus nombreux, plus complexes et plus graves de son propre avenir : maîtriser dans l’harmonie, à l’échelle planétaire, les contraintes de l’environnement, de la vie sociale, culturelle, économique ?
Dans la pièce de théâtre (Le piège) qu’il écrivait au moment même où le séisme a frappé, Frankétienne dénonce « la dévastation organisée de la planète ». Deux personnages y dialoguent au milieu d’un monde en ruine. Et l’auteur précise : « je mets chacun en face de ses responsabilités, que ce soient les grands décideurs de multinationales ou les gens qui mettent du fatras, les pauvres qui coupent les arbres, tous sont des prédateurs, (…) mais aucun pays ne pourra se libérer seul de ce problème car tous, absolument tous, sont concernés » — Frankétienne, Conversation avec Philippe Bernard, 25 janvier 2010.
Ce pressant appel s’inscrit naturellement dans le flux vigoureux d’une littérature haïtienne qui, depuis 1804, appelle à la construction d’un monde plus humain — il suffit pour s’en convaincre de lire ou relire « Gouverneurs de la rosée ». L’appel des écrivains d’Haïti doit être entendu, et il faut y répondre sans mesurer efforts, imagination et engagement.
Texte complet et références d’écrivains sur le site des littératures insulaires.
