Haïti : une pétition pour Soutenir la reconstruction du système éducatif et de recherche

« Nous demandons à chacun de nos gouvernements, et ici au gouvernement français, d’en appeler à l’organisation d’un plan international qui mettrait en synergie toutes les compétences qui peuvent concourir à la remise en route du réseau éducatif et de recherche en Haïti, fondement de la vitalité culturelle et intellectuelle de ce pays et garantie de sa survie.

Sans attendre cependant ces décisions futures, il est indispensable de soutenir les chercheurs et étudiants haïtiens au niveau des pays et universités qui les accueillent actuellement. Pour la France, nous demandons au Ministre de l’Education Nationale, à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ainsi qu’aux Présidents des instituts de recherche et d’enseignement supérieur le financement de « chaires Haïti » qui permettraient de recevoir des chercheurs et des enseignants, la création de bourses destinées aux étudiants haïtiens, la mise en place de missions d’enseignement et de formation en Haïti selon les besoins exprimés par nos interlocuteurs. Nous demandons au Ministre de l’Intérieur, l’attribution plus souple de visas pour les étudiants qui veulent venir étudier en France. Il en va de notre honneur d’enseignants, de chercheurs et de citoyens dans la communauté internationale. »

Extrait de Soutenir la reconstruction du système éducatif et de recherche haïtien, pétition dont la première signature est celle de Myriam Cottias, Directrice de recherche au CNRS, Centre International de Recherches sur les Esclavages, Ciresc, EURESCL

« Les Haïtiens sont debout » (Rodney Saint-Eloi)

« L’urgence aujourd’hui est de traverser cette vallée de larmes, de faire face à ce séisme, en donnant à l’humanitaire et à la coopération le visage d’une solidarité sociale réelle et effective. Les Haïtiens qui sont debout doivent enterrer leurs morts, faire leur deuil, et main dans la main, recommencer 1804, cette fois, avec l’appui de tous les pays du monde. »

Extrait de l’entretien et témoignage sur le séisme en Haïti de l’éditeur Rodney Saint-Éloi (Mémoire d’encrier, Montréal) à Raphaël Confiant et publié dans Montray Kréyol.

Frankétienne a toujours raison (Gilles Colleu)

A Frankétienne et Marie-Andrée,
qui dorment, ce 21 janvier 2010, 
dans la cour de leur maison.

Frankétienne a toujours raison,
Brigant cubique
Et volte-face reniflant
L’envie des femmes
Et le limon des terres
La secousse de la sienne
Tellurique et féconde
Déplace et dévore
Les grondements de la misère.
Maintenant vibre
l’en-dedans zinzamard,
Les pleurs du géant,
Désespoir de la prémonition,
Tout arrive
Quand le mépris dirige.

Frankétienne a toujours raison,
Pyromane en chef
Et gardien isocèle
D’un mur à crever
Les envies d’évasion.
La terre se replace
Dans son lit d’indifférence
Le géant pleure
Et le mur s’efface.
Reste pour rempart
La figure immense
Du barde debout,
Le poète est toujours vivant.
Son théâtre des ombres
Dit nos voix avenirs.

Frankétienne a toujours raison,
Ravageur triangulaire,
Son pieu en terre
Enfantera la matrice
Les savoirs et les verbes
Des enfants innombrables,
De ceux qui se perdent
Dans les replis boueux
Des ravines lisières.
D’une parole oblique
Grossira l’exigence
Qu’un peuple enfant du géant
Toujours dézinguera
La médiocrité cacochyme
Des oraisons analphabètes.

Gilles Colleu

Haïti : « croisière humanitaire »

Peut-on maintenir des croisières en Haïti et en même temps participer à l’aide humanitaire ? La compagnie américaine de croisières Royal Caribbean possède une île privée, Labadie, dans le nord d’Haïti, à environ 150 kilomètres de l’épicentre du séisme, où accostent trois fois par semaine ses bateaux de croisière. Elle assure que son activité continue à soutenir l’économie dévastée du pays. Mardi devait arriver à Labadie le gigantesque navire Liberty of the Seas, avec à son bord 3.600 passagers qui passeront deux jours dans l’île paradisiaque, totalement épargnée par le séisme. La compagnie a annoncé aujourd’hui un don de 1 million de dollars pour aider Haïti.

Haïti : un site pour retrouver les disparus du séisme

Lu dans la newsletter du Monde :

Suite au terrible séisme qui a frappé Haïti la semaine dernière, une agence de communication vient de concevoir dans l’urgence un site Internet visant à aider familles et proches à reprendre contact plus rapidement avec les personnes disparues. Le site en question, disparu-haiti.com, disponible en français et en anglais, se veut entièrement dédié à la centralisation et au partage d’informations sur les personnes recherchées. Le site permet de créer facilement un dépôt d’avis de recherche du disparu (avec son descriptif et sa photo), donner la possibilité aux personnes sauves de se manifester, reconnaître une personne recherchée ou communiquer des informations. La colonne de gauche renvoie vers des liens utiles ainsi que des fils Twitter dédiés à des avis de recherche. Le Quai d’Orsay et les ONG impliquées ont été sollicités afin d’alimenter ce site avec les données aujourd’hui en leur possession. Plus de 23 000 personnes sont déjà enregistrées. Egalement disponible en version anglaise (haiti-survivor-earthquake.com).

Voyageurs vent dedans !

C’était il y a tout juste une semaine. Valise entr’ouverte, avec les livres de Dany Laferrière, Lyonel Trouillot, Gary Victor, Emmelie Prophète, Yanick Lahens, livre de Régis Couder, L’acheteur de temps, que son éditeur venait de m’envoyer. Nous avions prévu d’embarquer le lendemain avec les Étonnants voyageurs depuis Paris, direction Port-au-Prince.

De là plusieurs directions s’offraient à nous. La première : prendre l’avion avec Louis-Philippe Dalembert et Régis Couder pour Port-de-Paix sur la côte nord. J’avais aprécié des passages des Dieux voyagent la nuit, dont une partie se situe dans la région (l’île de la Tortue n’est pas loin). Je me faisais une joie de rencontrer Régis Couder, dont j’appréciais la démarche. En 2007 déjà j’avais pu me rendre à la Citadelle Laferrière,deux jours de belles rencontres pour un happening de CulturesFrance lançant Caraïbes en création. J’avais pu faire connaissance avec Raoul Peck sur les hauts murs de la forteresse du roi Christophe, l’une des merveilles des Caraïbes, patrimoine unique dans la région.

Deuxième possibilité : partir pour Verrettes dans l’Artibonite avec James Noël et Stanley Péan. J’aime la voix profonde de James Noël et je ne connaissais pas Péan, venu du Québec. Mais l’aller-retour en voiture dans la journée paraissait difficile.

Enfin, le choix le plus près : Cabaret, au Nord-Ouest de la capitale, avec Gary Victor et le Cubain Mano Ejèn.

Après un tournage avec ces auteurs rencontrant les lycéens, nous avions prévu de suivre le Festival sur Port-au-Prince.

Devant l’écran de l’ordinateur, je consultais les cartes pour évaluer les distances, et programmer la suite du tournage.

Sur facebook, des messages. Et puis le message de Stéphane Martelly : Séisme en Haïti, 13 janvier, 00h20.

Puis radio, télé. Je m’abonne à CNN. J’envoie un SMS à Laurent Delarue, l’attaché de presse du Festival. Le Festival est annulé. Je reçois un coup de fil de Dominique Ako de la rédaction. Il connaît bien Haïti. Il y est allé dix fois. Il me relate d’autres nouvelles, d’effondrements massifs, de routes coupées, d’hôpital détruit.

Le voyage est annulé. Nous voulions partir. On voulut que nous restions.

Depuis énorme frustration et surtout immense douleur diffuse, comme un deuil partagé. Me revient en mémoire les paroles de la comédienne Magali Comeau Denis, alors ministre de la culture. Rencontrée au festival d’Avignon, alors qu’elle interprétait l’héroïne de Thérèse en mille morceaux, de Lyonel Trouillot : « Haïti n’existe au monde que par sa culture. »

Je ne connaissais pas l’œuvre de Georges Anglade, invité du festival et disparu avec sa femme. Depuis, j’ai envie de lire tout de lui. J’ai pu découvrir l’inquiétude de leur fille dans le quotidien de Montréal, La Presse, alors qu’elle était sans nouvelles. Elle était dans l’avion au moment du séisme et, depuis le Canada, demandait des nouvelles de ses parents.

Des images d’Haïti me reviennent en mémoire. Le roi Christophe interprété par Dominique Batraville dans le superbe Royal Bonbon de Charles Najman (sera projetté ce dimanche à 11h au Max Linder, Paris), la montée à pied et à dos de mule de la sente vers la Citadelle, les rues chaotiques aux alentours de la maison de Lyonel Trouillot. Les images d’Arnold Antonin sur lesfoules de manifestants demandant le départ d’Aristide.

Je me souviens du Parloir haïtien à la Villette, à Paris, programmé par Gabriel Garan.

Je me souviens d’une soirée littéraire à Port-au-Prince, à la veille du 1er festival Etonnants voyageurs, fin 2007.

Je me souviens de l’échange entre Kettly Mars et Wilfried N’Sonde, emporté et fraternel. Me revient en mémoire la route nous emmenant vers Max Beauvoir, le Hougan, au sortir d’un colloque organisée par sa fille Rachèle et retransmis par Télé-Haït.

Je me souviens de ma découverte de la galerie Monnin, sa richesse profuse en tableau, sculptures.

Je me souviens d’un artiste cubain préparant son expo au rez-de-chaussée.

Je me souviens des jeunes gardes armés de l’hôtel Kinan, dont le métier principal n’était pas militaire.

Je me souviens des Unes de la presse, titrant sur les kidnappings à la veille de Noël, les enfants étant des rançons assurées, même parmi les plus pauvres.

Je me souviens du poème « le Y » dit par Yvon Le Men dans les jardins de la résidence de l’ambassadeur de France. Dans la cour une immense sculpture en fer découpé d’un immense artiste. Etait-ce Saint-Eloi ?

Je me souviens du rire de Sergine et de ses toiles abstraites. De son accueil alors que la nuit tombait et que la pluie redoublait à Pétionville.

Je me souviens de Jean-Claude Fignolé, grippé, nous consuisant dans son petit 4 X 4 dans Port-au-Prince, nous arrêtant pour nous montrer des maisons construites à la va-vite « une stratégie d’Aristide pour encercler le quartier bourgeois de Pétionville ».

Je me souviens des conversations avec Rodney Saint-Eloi, Sabine Wespieser, Jacques Leenhardt et Marie-Catherine Vauthier.

Je me souviens d’un séjour inouï dans la demeure-forteresse-galerie d’art de Frankétienne, le poète de Delmas, architecte vivant de la mémoire haïtienne, l’un des rescapés du séisme.

Je me souviens de sa collection reliée du Magazine littéraire.

Je me souviens de sa chambre, aux murs couverts de pages de mots comme slogans de création brute.

Je me souviens de Marie-Andrée, l’épouse de Frank, collectionneuse de poupées miniatures.

Je me souviens de Frankétienne retrouvant Glissant au marché de la poésie, place Saint-Sulpice à Paris.

Je me souviens de tout, et les images ne cessent leur remontée, comme un immense fleuve de souvenirs vivaces, impossibles à stopper.

Je suis heureux d’apprendre que Michel Le Bris, Dany Laferrière et Lyonel Trouillot ont décidé de remonter le festival.

Haïti : un appel de l’association Aide aux enfants d’Haïti

 Appel d’urgence séisme en Haïti, survenu le 12 janvier 2010, par Jean-Claude Fignolé, maire des Abricots

300 ans d’histoire nous lient à ce peuple qui a été délaissé de nombreuses années ! Un des Pays les plus pauvres du monde ! De nombreux cyclones ont déjà dévastés ce beau pays et ce peuple chaleureux, déjà des milliers de morts, un grand désarroi !
Aujourd’hui malheureusement, à cause de ce séisme, le monde entier va enfin savoir que ce peuple  a besoin de nous, plus que jamais et pour de nombreuses années !
Nous avons besoin de vous, pour nous soutenir à trouver les moyens de les aider à reconstruire leur vie, leur pays et à survivre dans le temps.

Merci à vous, ne les oubliez pas…
Tous les dons sont déductibles des impôts à hauteur de 75 % de la somme versée.

AEH, quartier Carcaille – 26300 Chatuzange Le Goubet. Aide.aux.Enfants.Haiti@wanadoo.fr

Haïti : un appel de l’association culturelle Monique Calixte

SOUTENEZ LE PEUPLE HAITIEN !
Le tremblement de terre qui a frappé Haïti a eu des conséquences dramatiques pour les Haïtiennes et les Haïtiens. Ces conséquences ont été démultipliées du fait de la fragilité et de la dépendance de la société haïtienne. Dans l’immédiat, l’urgence commande de sauver les blessés et de répondre aux besoins immédiats de la population. Dès aujourd’hui, il faut aussi préparer l’avenir en inscrivant les actions d’urgence dans la reconstruction et dans la perspective d’une société plus juste et solidaire. La priorité est de renforcer la société civile haïtienne à travers les associations de solidarité qui ont fait leurs preuves. Nous appelons tous ceux qui veulent soutenir le peuple haïtien de soutenir par tous les moyens les associations dont vous avez pu avoir connaissance et de préférence celles avec lesquelles vous avez travaillé.
Notre association, l’Association Monique Calixte (AMC) travaille pour sa part avec la Fondation FOKAL présentée ci-dessous.
Aujourd’hui, le tremblement de terre a épargné le siège de FOKAL avenue Christophe. Celui-ci est transformé en centre d’accueil, d’information et de solidarité. 500 personnes y ont trouvé refuge. Les membres de Fokal se dépensent nuit et jour pour venir en aide à ces personnes et en même temps pour organiser la remise en fonctionnement de certains services. Nous sommes en relation constante avec les responsables de FOKAL par échanges d’e-mails et nous suivons leurs actions et leurs demandes. Nous avons déjà pu confier de l’argent et des médicaments à Raoul Peck (cinéaste, ancien ministre de la culture d’Haïti) parti le 16 janvier à Port-au-Prince. Nous continuons à collecter des fonds pour l’immédiat et des propositions pour la suite.
Toute aide à toutes les associations de terrain et à des réseaux de proximité est la bienvenue.  L’AMC  concentre ses efforts sur le soutien à FOKAL dont nous savons qu’elle est à pied d’œuvre et que nombre d’Haïtiens peuvent compter sur elle. Mais d’autres associations et ONG haïtiennes peuvent être destinataires de votre soutien si vous en connaissez. Il faut se situer à la fois dans le présent et dans le futur proche ; répondre à l’urgence et engager la reconstruction.
Association Monique Calixte. 18 janvier 2010

FOKAL (Fondation Connaissance et liberté) et L’AMC (Association Monique Calixte)

L’association Monique Calixte, AMC, a été créée en 1995 dans le but de contribuer à l’ouverture d’une bibliothèque associative en Haïti, en hommage à Monique Calixte qui venait de mourir. La bibliothèque Monique Calixte a effectivement vu le jour en 1996, avec le concours actif de Michèle Pierre Louis qui avait créé deux ans auparavant la FOKAL, Fondation Connaissance et Liberté avec l’appui de OSI (Open Society Institute fondé par George Soros). Depuis 1996, l’AMC soutient la BMC en organisant différentes manifestations dont les rentrées financières, modestes, sont régulièrement envoyées en Haïti et ont permis l’achat de livres, d’ordinateurs et d’autres outils du développement culturel auquel la FOKAL se consacre.
Fokal a déployé une intense activité, non seulement autour de la lecture (réseau de 50 bibliothèques de proximité dans le pays, formation des animateurs des bibliothèques et apport de ressources financières) mais dans le domaine de l’éducation (écoles Tipa Tipa) et du développement économique local (coopératives de producteurs agricoles et artisanaux). FOKAL a développé un partenariat avec le GRET Haïti (appuyé par le GRET France) pour favoriser l’accès à l’eau et la gestion associative des bornes fontaines dans les quartiers populaires. Récemment la FOKAL a engagé un projet de création d’un parc botanique et d’amélioration d’une vaste zone d’habitat spontané dans le secteur périphérique et défavorisé de Martissant à Port-au-Prince.
www.fokal.org

Adressez vos dons à : ASSOCIATION MONIQUE CALIXTE, 10 rue de l’Arcade. 94220 Charenton le Pont