« La caractéristique principale de l’Etat haïtien a été son impuissance à répondre à un certain nombre de revendications de base exprimées depuis la chute de la dictature en 1986 : scolarisation universelle (15 % seulement des écoles sont publiques et l’analphabétisme s’élève à environ 50 %), relance de l’enseignement supérieur et de la recherche, demande d’électricité et d’eau potable (38 % de la population y ont accès), demande de sécurité pour le citoyen et la propriété, lutte contre la corruption et l’impunité relative au vol des biens publics et aux actes de banditisme.
(…)
L’on sait que la société haïtienne dispose de capacités de se relever face à l’Etat effondré, car on a assisté à de nombreux gestes de partage entre les survivants dans tous les quartiers ; bien plus, le pays dispose des ressources d’un riche imaginaire et d’une grande créativité culturelle. Autant de signes d’un espoir qui ne doit pas être déçu et qui ne saurait se contenter de l’aide matérielle, aussi nécessaire soit-elle. »
Laënnec Hurbon, Directeur de recherche au CNRS, professeur à l’université Quisqueya (Port-au-Prince), extrait de l’article « Refonder l’Etat, un enjeu historique« , Le Monde, 28/01/10, suppl. Haïti, année zéro.

